Publicité
La fin de l?exode des infirmiers ?
Il y a aujourd?hui moins d?infirmiers qui quittent le service hospitalier mauricien pour aller travailler en Grande-Bretagne. De 250 à 300 départs par an en 2003, ils ne sont plus maintenant qu?une cinquantaine à le faire. Dans les milieux du ministère de la Santé, on attribue le frein à l?exode au «plan de rétention» et on pousse un soupir de soulagement.
Cependant certains observateurs associent cet état de choses à une saturation dans le recrutement du service hospitalier en Angleterre. Si cela s?avérait être le cas, cette situation pourrait être de courte durée. Car l?Irlande, la Nouvelle-Zélande et l?Australie représentent de nouvelles opportunités pour nos infirmiers.
Ce phénomène d?exode est apparu en 2003 lorsque pas moins de 750 départs pour l?Angleterre avaient été répertoriés. Les salaires mensuels proposés étaient dans la fourchette de Rs 80 000 à Rs 100 000 - une véritable aubaine pour nos infirmiers. En outre, ils ne travaillaient que huit heures. Ils pouvaient donc augmenter leurs revenus en travaillant durant leur temps libre, par exemple dans les maisons de retraite.
Il ressort qu?en grande partie, ce sont les couples travaillant dans le service hospitalier qui partaient. Cela donnait l?occasion à leurs enfants de poursuivre des études universitaires. Eux aussi d?ailleurs avaient, au départ, la possibilité de suivre des cours de perfectionnement (Advance Nursing Education) validés par un diplôme, donc à davantage de revenus au terme de leur stage. Les Mauriciens étaient très appréciés en raison de leur personnalité, leur sens de la communication et du fait aussi qu?ils sont bilingues, voire plus.
Mais les choses ont maintenant beaucoup changé. Cela à la suite d?une série de développements tant à Maurice qu?en Angleterre.
D?abord sur le plan local, on a vu l?entrée en vigueur d?un «plan de rétention» en vue d?empêcher le départ des infirmiers. Le ministère de la Santé ne leur accorde plus qu?un mois de «leave without pay». Passé ce délai, ils sont invités à reprendre immédiatement le service, faute de quoi leur poste est déclaré vacant. Par ailleurs, leurs conditions de travail ont été revues. Au lieu de bénéficier d?un «increment» par an, ils ont droit au double, soit entre Rs 800 et Rs 1 600. En plus, ils bénéficient d?un bonus de présence pour le travail de nuit. Cela leur permet de percevoir une somme additionnelle de Rs 400 à Rs 600 dépendant de leur salaire. La «night allowance» est passée de 10 % à 15 %, soit entre Rs 100 et Rs 200.
De son côté, la politique d?embauche des infirmiers en Grande-Bretagne a connu des changements. Il paraît que l?Angleterre se tourne davantage maintenant vers les pays d?Europe de l?Est en raison du coût moins élevé de cette main-d??uvre. En outre, l?Angleterre recrute désormais des infirmiers sur contrat, donc avec des risques d?annulation. «Un risque que les Mauriciens ne sont pas prêts à prendre. Ils auraient préféré l?ancienne formule d?emploi permanent avec tous les bénéfices qui en découlaient», nous confient des infirmiers. Du reste, l?«adaptation course» de trois mois qui précède l?entrée dans le service, n?est plus gratuit. Le candidat mauricien doit débourser environ Rs 20 000 pour ces cours. Autre problème de taille, ils n?ont aucune garantie d?embauche par la suite.
Autant de raisons qui expliquent la réduction de l?hémorragie du personnel infirmier. Mais les débouchés qui se présentent ailleurs risquent de venir une fois encore toucher le service hospitalier en plein c?ur.
QUESTIONS À?
Francis Supparayen, Président de la Nursing Association
● Vous semblez être l?homme incontournable de la Nursing Association. Une nouvelle élection en tête de lice?
(Sourire). C?est sûrement dû à mon cheminement et aussi à ma contribution à la lutte des infirmiers. C?est un signe de reconnaissance que j?apprécie beaucoup.
● On a noté quand même des signes d?énervement de la part des membres du syndicat lors de ces élections?
C?est exact. Mais je dirais qu?on a beaucoup fait et qu?il reste encore un bon bout de chemin à parcourir. Les infirmiers à Maurice ne sont pas reconnus à leur juste valeur. Pourtant, ils font un travail très contraignant et sont exposés non seulement aux risques de maladies comme le sida et l?hépatite, mais ils ont aussi à faire face à un public exigeant et aux risques d?agression physique.
● Quelles sont vos priorités pour 2007 ?
Nous avons la préparation de notre mémoire pour le PRB en vue de la publication du rapport prévu pour juin 2008.
● Dans la conjoncture économique actuelle qu?attendez-vous du prochain rapport du PRB ?
Il faudra certainement des améliorations dans les salaires, les allocations et les chances de promotion. Un infirmier touche Rs 8 800 après trois ans d?étude. Cela est inacceptable...
Publicité
Publicité
Les plus récents