Publicité

Le moratoire bute sur un macadam

23 mars 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Se donner un an, au moins, pour bien évaluer l?impact de la subvention aux frais d?examens du School Certificate (SC) et du Higher School Certificate (HSC). C?est ce que souhaite la plate-forme citoyenne de Christian Lecordier et Lysie Ribot, accompagnée d?une douzaine de collégiens qui a rencontré le Premier ministre, Navin Ramgoolam à son bureau hier. La proposition d?un moratoire se heurte à un ?macadam?, explique Navin Ramgoolam. Quel est-il ?

Jusqu?ici, l?État accordait 100 % d?exemption à ceux bénéficiant de l?aide sociale, c?est-à-dire ceux touchant moins de Rs 3 300 par mois. La réforme annoncée prévoit que cette exemption s?applique désormais à ceux qui gagnent Rs 7 500 et jusqu?à Rs 10 000 pour ceux qui ont deux enfants. Le ?macadam? dont parle Navin Ramgoolam est dû au fait que si le moratoire est appliqué, la somme que l?État devra trouver pour subventionner ces deux catégories, en attendant, sera plus importante que la somme totale déboursée avec la formule en vigueur actuellement.

Mais le Premier ministre promet de trouver une solution au plus vite. Parce que le temps presse. Ainsi après qu?il ait accepté de retarder la date limite des paiements, le gouvernement est en train d?étudier la possibilité d?introduire un moratoire face à l?annulation des subventions pour les frais d?examens du SC et HSC. La question sera passée en revue lors du Conseil des ministres aujourd?hui. Navin Ramgoolam affirme qu?il y aura une décision immédiate car, dit-il, ?le temps fait défaut?.

Réunion à huis clos

Seulement quelques collèges, tous confessionnels, étaient représentés à la rencontre d?hier. ?Nous sommes une plate-forme citoyenne, pas une plate-forme nationale?, précise Christian Lecordier. La réunion est bien évidemment à huis clos et se déroule en présence des conseillers en communication de Navin Ramgoolam. Elle dure près d?une heure et demie.

La conférence de presse qui suit est, elle, beaucoup plus rapide. Navin Ramgoolam indique d?abord qu?il a été obligé de limiter le nombre d?élèves pour la rencontre, pour que celle-ci soit moins formelle. Il indique ensuite qu?il a surtout voulu expliquer aux collégiens pourquoi le gouvernement avait introduit la mesure aujourd?hui tant décriée, celle d?abolir les subventions pour les frais d?examens, sauf pour les familles les plus vulnérables.

Il a rappelé que c?était le gouvernement qu?il dirigeait, entre 1995 et 2000, qui avait introduit ces subventions. Mais aujourd?hui, la situation économique est plus difficile, fait-il comprendre. À ce jour, près de 7 000 familles sont éligibles à l?aide sociale dans le cadre de la réorientation des subsides.

?J?ai été très sensible aux explications de M. Lecordier et j?ai décidé de trouver une solution, dans la mesure du possible?, laisse-t-il entendre. Le Premier ministre a évoqué la question de moratoire d?un an, proposée par Christian Lecordier.

Ce dernier est, de son côté, plutôt confiant. ?Les portes se sont ouvertes un peu et on espère trouver la lumière au bout du tunnel?, déclare-t-il, à l?issue de la conférence de presse.

Oui au dialogue, non aux ultimatums

Les collégiens sont peu loquaces. L?un d?eux cependant, dit sa déception. Il s?agit de Florian Lepoigneur, un collégien qui ne faisait pas partie du groupe réuni au départ par Christian Lecordier, mais qui adhère à la plate-forme nationale. ?Je ne suis pas satisfait. La question de moratoire n?est pas une solution. Elle renvoie le problème à l?année prochaine?, juge le collégien. Trop tard. Les négociations sont closes, semble-t-il.

En tout cas, le Premier ministre est au moins catégorique sur une chose : il est ouvert au dialogue mais pas aux ultimatums.

La plate-forme nationale, qui regroupe plusieurs syndicats et des partis politiques, tient un rassemblement à Flacq, à 14 h 30, à la place des taxis. ?La campagne va prouver qu?elle sait mieux manifester que la ville?, lâche Yahya Paraouty, l?animateur principal de ce groupement. ?Le mot d?ordre pour le 30 est aussi maintenu, mais nous allons attendre la décision du Conseil des ministres, aujourd?hui, en souhaitant qu?elle soit bonne.?

Publicité