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Les scientifiques dessinent l?avenir d?un monde plus chaud

22 mars 2007, 00:00

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Les scientifiques du Groupe d?experts intergouvernemental sur l?évolution du climat (GIEC) s?apprêtent à rendre publiques de nouvelles évaluations des conséquences du réchauffement climatique et à confirmer le lien entre ce phénomène et de multiples perturbations déjà constatées sur la planète. Ces données doivent faire l?objet d?un débat entre plusieurs centaines de scientifiques et les représentants de quelque 190 pays, du 2 au 5 avril à Bruxelles. Après l?approbation de la première partie du rapport d?évaluation du GIEC à Paris, le 2 février (qui avait entériné la responsabilité des activités humaines dans le réchauffement), le deuxième chapitre traitera de ses conséquences et de l?adaptation au phénomène.

La dernière version de travail du résumé à l?intention des décideurs, dont Le Monde s?est procuré une copie ? et qui peut encore faire l?objet de modifications ? , actualise les connaissances accumulées depuis la publication du précédent rapport, en 2001, dont les conclusions sont renforcées et précisées.

Les experts rangent parmi les conséquences directes du réchauffement, avec un haut degré de certitude, des phénomènes constatables aujourd?hui : instabilité des sols en montagne, fonte du permafrost, modifications de la flore et de la faune dans les régions polaires, augmentation de la température des lacs et des rivières, précocité du bourgeonnement de la végétation et des migrations des oiseaux, modifications de la répartition des algues, du poisson, du plancton, etc.

Pénuries d?eau

Afin de souligner que le rythme d?augmentation de la température moyenne dépendra des mesures prises pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, les évaluations des impacts futurs sont effectuées en prenant pour références des hausses de températures, sans mention de dates.

En tablant sur un réchauffement compris entre 2 0C et 4,5 0C au-dessus des valeurs de 1990, les scientifiques évaluent entre 1 et 3,2 milliards le nombre d?humains touchés par des pénuries d?eau (avec un degré de confiance ?moyen?). Des ?centaines de millions de personnes? seront menacées par la hausse du niveau des océans. Si le réchauffement atteint 4 0C, un cinquième de la population mondiale pourrait être confrontée à des inondations.

Les rendements agricoles, susceptibles d?augmenter dans un premier temps dans les régions de latitude moyenne et élevée, déclineraient partout si le réchauffement atteignait 3 0C. Au sud de la planète, les capacités d?adaptation des espèces seraient dépassées. Jusqu?à 120 millions de personnes supplémentaires seraient alors exposées à la faim.

SONNETTE D?ALARME

De nombreux grands fleuves menacés de tarissement

■ Beaucoup de grands fleuves de par le monde risquent de se tarir en raison du changement climatique et de la construction de barrages, affirme un rapport de l?Organisation mondiale de protection de l?environnement WWF. Dans ce rapport publié avant-hier, en prélude à la ?Journée mondiale de l?eau? aujourd?hui, le WWF identifie dix fleuves menacés, parmi lesquels le Nil, le Rio Grande et le Danube.

?Souvent, les fleuves n?atteignent plus la mer, comme l?Indus au Pakistan, le Nil en Afrique et le Rio Grande (...) Les moyens d?existence de millions de personnes sont menacés?, a déclaré Jamie Pittock, directeur du programme d?eau douce du WWF. Les cours d?eau constituent la principale source d?eau douce dans le monde et la moitié environ des ressources disponibles est déjà utilisée, a-t-il dit.

Des barrages ont détruit les habitats et coupé les fleuves de leurs plaines alluviales, tandis que le changement climatique pourrait modifier les règles qui régissent la vie des cours d?eau depuis des milliers d?années.? Les réserves halieutiques, principale source de protéines pour des centaines de milliers de communautés de par le monde sont aussi menacées.

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