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La question qui fâche

21 mars 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

par Raj Meetarban

C?est fini les hésitations et les incertitudes. Le gouvernement semble bien décidé à lancer son programme de privatisation. Dans deux secteurs au moins, l?eau et le port, les choses s?accélèrent. Le but visé est d?augmenter l?efficacité des entreprises concernées et de rationaliser les dépenses publiques. Toutefois, chaque cas de privatisation est unique en son genre et il est important de choisir la bonne méthode.

Pour de nombreuses raisons, la privatisation d'activités de l'État ou d'entreprises parapubliques doit être conduite avec beaucoup de prudence. Le sujet est délicat. Les autorités en sont conscientes et le plus souvent elles vont jusqu?à récuser le terme privatisation. Elles préfèrent utiliser des euphémismes pour ne pas soulever les passions.

L?opinion publique n?est pas, de manière spontanée, favorable aux privatisations. Il y a la peur que cela débouche sur l'augmentation des tarifs de services essentiels. De plus, l?on redoute l?aggravation de l'inégalité sociale en cas de privatisation. La logique de rentabilité peut conduire un opérateur privé à supprimer un service dans une région éloignée. Les syndicats, de leur côté, craignent les conséquences sociales négatives, dont les pertes d?emploi. Les décideurs doivent tenir compte de toutes ces appréhensions s?ils ne veulent pas provoquer des crispations inutiles.

L?objectif de la privatisation est de rendre un secteur donné plus efficace et compétitif. Mais l?expérience de Mauritius Telecom a démontré que ce n?est pas forcément vrai. Quand l?Etat décide, en novembre 2000, de céder une partie de ses actifs dans MT à France Telecom, il a de grandes aspirations. En fait, l?arrivée d?un partenaire stratégique a brisé l?élan de MT d?investir sur le continent africain. Les Français préféraient recentrer leurs activités sur la France et l?Europe. De plus, il était prévu que l?achat en vrac des équipments par une société de la taille de France Telecom allait favoriser les Mauriciens. Finalement, il s?est avéré que nos fournisseurs traditionnels étaient moins chers.

Le partenariat stratégique n?est pas une formule magique. Il ne suffit pas de vendre une entreprise à un investisseur étranger à forte capacité technique et financière pour croire que celle-ci amènera une plus-value à sa progression. MT a fait les frais de ce mauvais calcul.

Dans le domaine de l?eau, la formule de partenariat stratégique a été évitée. La CWA a trouvé un mécanisme beaucoup plus intéressant. Elle procède par délégation d'activités. Au contraire du désinvestissement, la délégation permet à l'État de maintenir la haute main sur l'entreprise. Dans le port, également, la stratégie adoptée semble reposer sur des bases solides. Il s?agit de faire appel à des compétences reconnues sur le plan mondial pour gérer la complexité des opérations que le port sera appelé à développer. Il n?y aura ni cession d?actifs, ni concession de bien publics.

S?il y a consensus sur le principe, la méthode de privatisation n?est jamais facile à trouver. La création d?un ministère chargé de la privatisation pourrait faciliter le processus.

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