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?Personne ne se comporte en star dans le groupe?

20 mars 2007, 00:00

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● Depuis votre arrivée, vous avez ramené trois victoires, dont deux en amical. Quelle analyse pouvez-vous nous faire concernant l?évolution de cette équipe ?

J?attends pour tirer des enseignements car l?équipe change souvent. Celle qui a joué face au Gabon n?est pas exactement celle qui a été alignée face à la Suède. Il y a eu pas mal de changements. Pour le dernier match contre la Guinée, certains des éléments convoqués étaient blessés. Ce sont des choses qui arrivent et auxquelles il faut faire face. Cela ouvre aussi la porte à d?autres joueurs. Nous avons donc un important contingent de joueurs.

● Outre la question des blessés que vous évoquiez, on pourrait se demander ce qui justifie tous ces changements ?

En principe, depuis le Gabon, il n?y a pas de raisons de changer ni l?équipe, ni le contingent. Elle a bien marché, elle a gagné 5-0. Logiquement, on ne change pas une équipe qui gagne. Mais les risques de la profession, notamment les blessures, nous amènent à effectuer des changements.

● Au regard de ces rencontres, y a-t-il une réelle évolution tactique ?

Disons que le changement le plus frappant se situe au niveau de la défense. Au lieu de jouer à quatre, on a joué à trois. Ce qui oblige une personne comme Kolo Touré à modifier son mode de fonctionnement. Le plus intéressant, c?est de voir que les joueurs ne s?enferment pas dans leurs habitudes. C?est agréable de voir des joueurs curieux de découvrir d?autres systèmes. Ils s?adaptent parfaitement, et ça, c?est réconfortant.

● Quelles sont vos satisfactions tant au niveau individuel que collectif ?

La plus grande satisfaction, c?est qu?au sein du groupe personne ne se comporte comme une star. On sait que certains joueurs comme Drogba, Kolo, jouent dans de grands clubs et connaissent la renommée. Mais ils sont disponibles et travaillent dans un esprit d?équipe avec tous leurs coéquipiers. Pour moi, c?est formidable qu?il existe une vraie solidarité dans le groupe et une humilité des cadres.

● Comptez-vous sur certains joueurs pour pousser les autres ?

Même s?il y a eu des changements, il a toujours existé un noyau dur composé de Kolo, Meité, Maestro (NdlR : Zokora) et Drogba. Il existe un groupe de cinq ou six joueurs qui doivent être le c?ur de cette équipe. Ce sont eux qui porteront les autres.

● Apparemment, vous comptez aussi donner une place aux plus jeunes?

On est un petit pays, on ne peut pas louper des talents. Il nous faut les retrouver. Des pays comme la France, l?Espagne, l?Allemagne, l?Angleterre peuvent se passer de talents mais ce n?est pas le cas de la Côte d?Ivoire.

● Une absence remarquée contre la Guinée, c?est celle de Kalou Bonaventure qui semblait au mieux de sa forme, même si le PSG va mal. Pourquoi ne l?avoir pas appelé cette fois-là ?

L?absence de Kalou Bonaventure ne signifie pas qu?il est oublié ou écarté. On sait que le point fort de la Côte d?Ivoire, c?est l?attaque. Nous avons de la chance d?avoir des attaquants comme Drogba, Dindane, Kéïta, Akalé, Koné. Le potentiel en attaque est énorme. Il faut, vraiment, être au top niveau pour y prendre une place. Il n?y a aucune autre raison.

● Comment abordez-vous le prochain match qui vous opposera à Madagascar et qui constitue votre second match de compétition, à la tête des Eléphants ?

Le match contre Madagascar est très important. Nous sommes présentés comme les favoris. On a fait fort face au Gabon. Il faut continuer sur la même lancée. Ce serait une bêtise de laisser des points à Madagascar.

● Les observateurs sont unanimes à reconnaître que les Eléphants ont des joueurs talentueux, ils ont un jeu séduisant, mais il leur a manqué l?efficacité au Mondial?

C?est possible. Mais, il y a eu le manque d?expérience. L?autre difficulté, c?était la qualité des adversaires du groupe, les Pays-Bas, l?Argentine et la Serbie-Monténégro. Et puis, il y a l?égoïsme. On veut briller personnellement et on oublie le travail d?équipe. Ce sont ces paramètres-là qui expriment un peu le parcours des Eléphants.

● Y a-t-il une méthode Ulrich Stielike pour faire des Eléphants une équipe qui gagne ?

Je pense que chaque entraîneur a sa manière, sa vision du football. En fonction du travail, chacun mène les entraînements, les matchs. Moi, je crois aux discussions, aux échanges. L?ambiance qui peut régner sur un terrain est importante. Je crois en la solidarité d?un groupe.

Interview réalisée par Maï COULIBALY (Supersport) Correspondance en France

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