Publicité
Les budgets annuels font place à des plans sur trois ans
Par
Partager cet article
Les budgets annuels font place à des plans sur trois ans
Le budget national prend une nouvelle orientation à partir de cette année. Les ministères recevront leurs dotations budgétaires pour une période de trois ans afin de réaliser des programmes qu’ils sont appelés à mettre en place dans le cadre de la réforme économique.
Après le budget de “rupture” de l’année dernière, l’on devra s’attendre à une nouvelle manière d’allouer l’argent public aux différents postes de dépenses. Le gouvernement veut que chaque roupie qu’il décaisse serve la cause de la restructuration économique dont les grandes lignes ont été énoncées lors du budget 2006-2007.
Dorénavant, les ressources financières de l’État seront allouées par rapport aux objectifs de chaque ministère et non pas en fonction des dépenses de l’année précédente comme cela a été le cas traditionnellement.
A cet effet, les objectifs des différents projets serviront de tableau de bord. Des indicateurs de performance permettront aux décideurs de juger si les plans progressent en conformité aux buts fixés et dans les délais prescrits ou s’il faut apporter des ajustements en cours de route, soit lors des budgets annuels notamment.
L’État a chiffré le coût de la restructuration à quatre milliards d’euros (environ Rs 160 milliards). Une partie de ces besoins sera financée à partir du budget national et à partir des assistances financières externes. Les ministères sont appelés à mettre en place des stratégies et des programmes pour mobiliser des ressources localement ou de l’étranger.
Ce nouveau système implique des changements importants dans la manière même dont les différents ministères conçoivent leurs politiques sectorielles. Etant donné la tâche colossale, le ministère des Finances a démarré les préparatifs du budget très tôt cette fois-ci. En effet, les Finances et les autres ministères travaillent conjointement sur une nouvelle méthodologie depuis le mois de décembre.
<B>Rehausser l’efficacité des dépenses</B>
Le gouvernement bénéficie du soutien technique de la Banque mondiale, du Département de trésorerie américain et du Programme des Nations unies pour le développement dans la mise en place de ce nouvel encadrement.
Les ministères sont encouragés à mettre en place des objectifs sectoriels à moyen terme. A titre d’exemple, le ministère du Tourisme vise la barre de deux millions de touristes à partir de 2015. Il doit développer des projets et mobiliser des fonds en conséquence pour traduire cette vision dans les faits.
Avec l’aide des Finances, les sector ministries sont en train de mettre en place des objectifs similaires. Le ministère des Finances va également aider ses confrères à mobiliser l’assistance financière externe si le besoin se fait sentir.
La nouvelle orientation du budget vise à rehausser l’efficacité des dépenses dans une perspective à moyen terme (le medium term expenditure framework – MTEF). L’idée d’allouer des financements sur le moyen terme n’est certes pas nouvelle. Toutefois, l’ancienne méthode de financement a toujours primé. “Le nouveau système va prendre trois à six ans pour être mis en place, si l’on se base sur les expériences des autres pays”, affirme-t-on du côté du ministère des Finances.
Mais les nouveaux critères pour l’allocation de l’argent de l’État ont aussi un motif plus immédiat, soit celui de l’assainissement des finances publiques marquées par un déficit et des dettes importantes.
La situation budgétaire demeure préoccupante pour le prochain exercice financier avec à la clé des sommes supplémentaires de Rs 3 milliards que le gouvernement aura à trouver pour le service de la dette. Le gouvernement veut exercer un contrôle (quantitatif) rigoureux sur les dépenses pour réduire le déficit fiscal et les dettes.
Mais il y a aussi un accent sur la qualité des dépenses pour s’assurer qu’elles sont en accord avec les objectifs à long terme de la restructuration économique. Les agents de l’État devront utiliser les ressources mises à leur disposition pour promouvoir les buts de la croissance élevée et durable, la démocratisation de l’économie ainsi que l’empowerment et l’accompagnement social des groupes vulnérables, entre autres.
Publicité
Publicité
Les plus récents