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Les malheurs de Sophie
Voilà cinq jours maintenant qu?elle ne quitte plus son domicile. Ses yeux, vitreux, témoignent du traumatisme qu?a subi Sophie (prénom fictif). Elle ne cesse de se repasser cette scène qui a bouleversé sa vie à jamais. Cette habitante de Roche-Bois, âgée de 33 ans, qui suit un traitement à l?hôpital Brown Séquard pour des troubles psychologiques, a été violée mardi dans un bâtiment abandonné qui servait autrefois d?étable.
Elle se rend ce matin-là à la boutique du coin pour y acheter des commissions à la demande de sa mère. Elle expliquera plus tard aux policiers s?être aperçu qu?elle était suivie par un clochard. Ce dernier, qu?elle connaît de vue, lui aurait à plusieurs reprises fait des avances par le passé en l?invitant à sortir ou à faire une balade en bord de mer. Méfiante, elle a toujours refusé de suivre cet individu. Mais celui-ci ne compte pas en rester là et aurait, cette fois, décidé de passer à l?acte.
Profitant du fait que la rue est déserte à ce moment-là, le clochard se jette sur Sophie et l?entraîne de force dans un bâtiment abandonné. Il l?aurait alors rouée de coups pour qu?elle reste tranquille avant d?abuser d?elle sexuellement.
Sophie doit son salut à l?intervention de quelques passants. Ces derniers se trouvaient à proximité du bâtiment abandonné lorsqu?ils ont entendu des cris. Intrigués, ces derniers se sont approchés avant d?apercevoir à travers l?une des fenêtres, Sophie, se faisant agresser. Ils ont alors fait irruption dans la pièce et ont traîné l?assaillant à l?extérieur avant de le passer à tabac.
« Le clochard n?arrêtait pas de demander de le laisser partir, mais les personnes qui l?ont attrapé et l?ont roué de coups avant de le conduire au poste de police », raconte un habitant de la localité, témoin de la scène. Et d?ajouter que la victime, à « moitié dévêtue », semblait désorientée et appelait sans cesse sa mère. Blessé, le suspect est, par la suite, remis à la police alors que la victime a été conduite d?urgence à l?hôpital Jeetoo. Elle a, par la suite, été examinée par le docteur Salim Saib, médecin légiste, qui a confirmé qu?il y avait eu relation sexuelle.
« Encore plus renfermée sur elle-même »
Sophie l?avoue elle-même : « Zamais mo pu kapav blier ce ki finn arriv mwa sa zour la. » L?arrestation de son présumé agresseur, Louis Georgie Volfrin, 44 ans, n?y change rien. « Elle a beaucoup de difficultés à s?endormir la nuit parce qu?elle dit qu?elle n?arrête pas de penser à cette journée horrible », laisse entendre une proche de la famille, inquiète des répercussions d?un tel traumatisme sur l?état psychologique fragile de Sophie. Et de poursuivre : « Elle est encore plus renfermée sur elle-même et refuse de se confier à quiconque. J?espère que son agresseur paiera pour ce qu?il a fait. » Un sentiment que partagent tous ceux qui connaissent Sophie.
Le présumé agresseur de Sophie, Louis Georgie Volfrin, a participé à une reconstitution policière jeudi matin. Plusieurs unités de police avaient été dépêchées sur place pour prévenir tout débordement. Une foule quelque peu hostile s?était rassemblée à proximité de l?endroit où aurait eu lieu le viol pour invectiver le suspect. « Li bizin payer pu ce ki li finn fer, bizin ferme li », déclaraient quelques habitants du quartier. Le suspect a ainsi expliqué en détail comment il s?y est pris pour agresser la jeune femme. Il a été présenté au tribunal de Port-Louis sous une accusation provisoire de viol. Il a été maintenu en cellule policière en attendant sa prochaine comparution.
D?autres se souviennent de ce clochard qui errait dans les rues du quartier du soir au matin. « Il fouillait souvent dans les poubelles pour trouver de la nourriture et ne faisait rien de mal. Je n?arrive toujours pas à croire qu?il s?en est pris à quelqu?un », lâche Charlotte, une commerçante qui apercevait régulièrement le suspect marcher sans but dans les rues.
D?autres habitants de la région, essentiellement des jeunes femmes, affirment, pour leur part, avoir à de multiples reprises été abordées par le clochard. « Li ti habitie koz vilain ar nu ek suiv nu dan la ri », laissent-elles entendre. Et de confier qu?elles éprouvent de la tristesse pour le traumatisme qu?a subi Sophie mardi.
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