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Esprit d?« enterprise », es-tu là ?

18 mars 2007, 00:00

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«And the winner is? Enterprise Mauritius ! » Cette semaine, l?organisme de facilitation et de promotion de l?entrepreneuriat et de l?exportation du pays méri-te des félicitations. « Enterprise Mauritius » (EM) a, en effet, été honorée par l?« International Trade Centre » (ITC), une agence de l?Organisation mondiale du commerce et de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement. L?ITC a en effet trouvé qu?EM était la meilleure « trade promotion organisation » des « petits pays ».

Cela étant dit, il faut vite faire les rappels d?usage. Se classer premier parmi les petits est certes réjouissant. Mais il ne faut pas s?en contenter. Dans cette compétition, il existe un prix de « Best of the Best ». C?est celui-ci, l?excellence, qu?EM doit maintenant viser dans un proche avenir.

Cette reconnaissance de l?action et de la compétence d?EM appelle quelques observations. D?abord, il faut dire que le précédent gouvernement, dans un souci de rationaliser l?encadrement fourni aux entreprises, a eu raison de regrouper l?« Export Processing Zone Development Authority », la « Mauritius Industrial Development Authority » et Subex-M en une seule entité. Et de lui donner un statut légal, une structure d?administration et de décision plus proche de l?entreprise que du corps parapublic pataud et lent au démarrage.

Nous ne parvenons toujours pas à comprendre pourquoi la « Small Enterprise and Handicraft Development Authority » (Sehda) existe en parallèle à EM. Une entreprise, aussi petite ou artisanale soit-elle, obéit aux mêmes règles de base du marché. Créer une distinction entre les très petites entreprises et les autres qui veulent grandir et exporter, c?est empêcher toute une catégorie d?entrepreneurs de voir grand et loin. Mais cela est un autre débat?

Revenons plutôt à l?indépendance d?EM. La structure de l?organisme et son conseil d?administration, composés aussi bien de compétences du privé que du public, en font une institution qui réfléchit et agit de manière plus efficace. La liberté dans l?action et la stratégie d?EM est primordiale pour sa réussite. Certes, le ministre de l?Industrie doit intervenir auprès d?EM. Et ce, pour lui communiquer les stratégies du gouvernement, afin que des plans adaptés amènent les entreprises à profiter et à connaître les actions que le gouvernement met en place pour les aider à se développer et à exporter dans tel ou tel secteur d?activité particulier.

Mais le ministre, au contraire, ne doit pas s?amuser à venir vérifier l?heure d?arrivée des employés d?EM lorsqu?il visite ses locaux, comme ce fut le cas il y a un peu plus d?un an. Il ne faut pas confondre le rôle d?instituteur et celui de ministre ! Le ministre doit laisser EM et ses dirigeants travailler librement. Et à ce sujet, on ne peut que féliciter celui qui a choisi Amédée Darga pour le poste de président de l?institution.

Le personnage est parfois cassant, autocrate aussi, dit-on. Mais au moins, il sait ce qu?il veut. Sous sa présidence, EM a défini des stratégies claires dans divers domaines : menuiserie, plastique, ingénierie légère, alcool. On sait quoi exporter, où exporter et comment exporter. Aux entrepreneurs de relever le défi de la compétitivité et de la qualité pour y arriver !

Mais le succès et les méthodes d?Amédée Darga sont vus d?un mauvais ?il par certains. Ainsi, ceux qui laissent traîner leurs oreilles au ministère de l?Industrie ces derniers temps apprennent que Darga passe pour être un dirigeant un peu trop libre. À qui les plus hauts responsables du ministère ne se priveraient plus d?adresser quelques piques lors de réunions où il n?est pas présent ! Tout en reprenant à leur compte les succès en public !

Et revoilà une vieille règle non écrite qui réapparaît. Il ne faut jamais faire de l?ombre au ministre et à son ministère ! Sinon, quels que soient son bilan et sa compétence, on est immédiatement fiché dans le classeur « à éliminer ».

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