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Vinaya Sungkur,

18 mars 2007, 00:00

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On vient souvent à l?art comme il vient à nous. Soit en grand fracas au hasard d?une rencontre ou d?un événement, soit tout naturellement. C?est le cas de Vinaya Sungkur. Cadette d?un père mauricien paysagiste, peintre et sculpteur travaillant dans les hôtels, et d?une mère ouverte et réceptive qui l?inscrit au théâtre toute petite, Vinaya ne tarit pas d?éloges et de remerciements à leur égard. « J?ai eu de la chance qu?ils soient aussi compréhensifs. J?ai toujours rêvé de faire des études artistiques, ce que d?autres parents n?auraient pas aimé », confie-t-elle.

Si Vinaya en parle aussi sagement, c?est en toute connaissance de cause. Très peu de parents débourseraient des fortunes pour que leurs enfants aillent étudier l?art et le cinéma. Et de surcroît à l?étranger parce que de tels cours n?existent pas ici.

Pétillante d?idées et d?énergie

Le sourire aux lèvres, la modestie à portée de mains, Vinaya n?a rien d?une comédienne à la grosse tête. Pourtant, mademoiselle a fait le Cours Florent. Pour ceux qui ne le savent pas, le Cours Florent est l?une des institutions de cours dramatiques les plus prisées en France et elle avait même été médiatisée sur Canal +. Parmi ses élèves : Isabel Adjani, Daniel Auteuil, Guillaume Canet et José Garcia, entre autres.

Au bout de deux mois, Vinaya, elle, laisse tomber. La réputation et tout le ramdam autour de cette institution ne l?intéressent pas. Ce qu?elle recherche, c?est de faire l?art tout simplement. « Ce n?était pas du théâtre que je voulais faire. Il n?y avait pas de pédagogie, c?était trop commercial », confie-t-elle.

Elle intègre donc l?Académie Oscar Sisto. À l?époque, celui-ci n?est pas encore connu. Une quinzaine d?élèves, un prof superbe. Vinaya a tout pour s?épanouir ou presque. « Avec le succès de la Star Academy où Oscar Sisto a été prof de théâtre, les gens commençaient à venir », raconte-t-elle. Ce qui la pousse à partir après deux ans. Nouvelle interprétation à l?École franco-américaine où elle évolue dans un milieu multiculturel. « J?ai adoré jouer dans plusieurs langues car cela vous permet de donner votre maximum. »

En novembre dernier, Vinaya quitte tout pour rentrer à Maurice. Ici, une nouvelle scène l?attend. Avec Clément, son ami, ancien gérant de bar, elle a repris la direction de la boîte de nuit de son père, le Ngyone. Un rôle qu?elle prend à c?ur du haut de ses 23 ans, puisqu?elle est depuis toujours passionnée par le monde de la nuit.

Est-ce le rideau sur sa carrière artistique ? Bien au contraire ! « J?ai vu, par rapport au film Benarès, qu?il y avait des choses à faire ici au niveau artistique », explique la jeune femme. Dès son arrivée, elle a intégré la troupe Sapsiway. Pétillante d?idées et d?énergie, elle veut mettre en place un tout nouveau concept : le café théâtre. Une soirée artistique mensuelle pour mettre sous les feux des projecteurs les talents locaux. « J?ai été impressionnée par le nombre d?artistes doués ici. C?est un concept qui n?a jamais été exploité ici avant et il permettra d?attirer les gens en discothèque. Il y aura à chaque fois différentes formes artistiques. On essayera du slam, de la danse, de la musique en live, des cracheurs de feu. À la base, je voudrais que les artistes viennent pour se faire plaisir ! », avance-t-elle.

Entrée en scène vendredi entre 21 heures et 23 heures, avec en première partie The Tie, une pièce de Gaston Valayden mise en scène par Kris Mootien, puis du live painting par Djun, un artiste local. Les billets sont à Rs 100 seulement, une façon de montrer que l?art est accessible à tous.Vinaya, elle, espère juste que « ça marchera ». Pour l?heure, elle est contente d?avoir pu concilier ses deux passions et de divertir, comme au théâtre, ceux qui n?ont que trop d?attentes, le public !

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