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Hausse du prix des médicaments
par Jane L.O?NEILL
Le prix des médicaments a pris l?ascenseur depuis peu. Loin d?être rassurant, le nouveau président de l?Association des pharmaciens, Sanjay Prayag, ajoute : « Les prix continueront à augmenter à cause de facteurs externes. Là où nous pouvons négocier des prix plus bas, nous allons le faire. Il n?y a pas d?alternative.»
La moyenne de la hausse est importante pour certains médicaments. Une crème antibiotique pour des blessures passe de Rs 189 à Rs 203. Une autre crème, contre les démangeaisons, est à Rs 120 au lieu de Rs 117. Des ampoules anti-fatigue, importées de France et très demandées, coûtent Rs 193 contre Rs 160 jusqu?ici...
«Contrôle grâce au ?mark-up?»
Par contre, les médicaments pour diabétiques et hypertendus ne connaissent pas de hausse importante. Il en est de même pour les multi-vitamines, sauf pour certains Oméga 3.
Ces hausses sont justifiées par l?augmentation du fret, de l?assurance voyage et par la fluctuation des devises, dont l?euro en particulier. «Compte tenu que nous sommes tributaires de ces facteurs, nous sommes dans une situation difficile. Le public devra être sensible à cet argument», soutient Sanjay Prayag. Son collègue, Raj Dasayne, pense que la vente de médicaments ne devrait pas en être sensiblement affectée.
En revanche, Mosadeq Sahebdhin, porte-parole de l?Institute for Consumers? Protection, est d?avis que la base sur laquelle repose l?augmentation des prix est mauvaise : «La méthode consiste à calculer le prix sur le prix payé pour le consignment (NdlR : l?expédition). Ce qui est au détriment du consommateur. Donc, à chaque fois que le prix au consignment augmente, le prix du médicament augmente. Heureusement, il y a un mark-up, qui fait qu?il y a un contrôle. Mais je suis convaincu qu?il faut revoir la méthode de calcul de la révision des prix.»
Lors de la Journée internationale de la consommation, il a proposé au ministère de la Santé une politique nationale sur notamment les prix. Les médicaments génériques méritent également, selon lui, une attention particulière. A noter que le ministère de la Santé élabore une nouvelle loi pour la mise en place d?un cadre régulateur, le Pharmacy Council.
Pour l?introduction des frais de service
Les prix des médicaments ont récemment fait l?objet de différends entre les autorités et les pharmaciens. A deux reprises, l?ancien gouvernement avait réduit le mark-up des pharmaciens et des grossistes. Aujourd?hui, il est de 21,6 % pour les pharmaciens et de 11 % pour les grossistes. Si un pharmacien vend un médicament à Rs 120, il perçoit un mark-up de Rs 19. Le pharmacien espère une hausse du mark-up dans le prochain budget.
Mais ce gouvernement-là avait également essayé de trouver des moyens pour faire baisser les prix des médicaments. Plusieurs réunions avec le ministère du Commerce n?ont cependant rien donné. Les différents memorandums adressés par les pharmaciens aux autorités ont, semble-t-il, donné satisfaction.
Sanjay Prayag considère cela assez insuffisant compte tenu de leurs dépenses en salaires, papeterie, packaging, téléphone et moyens de conservation de certains médicaments. Il envisage ainsi, comme cela se pratique dans d?autres pays, l?introduction de frais de service (service charge) tant pour le packaging que pour le conseil ou pour d?autres services offerts.
Les pharmacies n?ayant plus le droit de faire les injections, elles ont été privées d?une clientèle longtemps acquise. Mais, précise le président de l?Association des pharmaciens, en Amérique et en Grande-Bretagne, les injections se font dans les pharmacies. «Comme l?on ne reçoit que 1 % à 3 % de profits, la situation est difficile. Certaines pharmacies envisagent de fermer boutique», regrette-t-il.
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