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Bayrou, nouvelle coqueluche de la presse étrangère

16 mars 2007, 00:00

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Quasi inconnu hors de France il y a quelques semaines, François Bayrou est devenu la coqueluche de la presse étrangère qui voit en lui un nouvel exemple de la singularité de la vie politique française.

“C’est de la folie : j’ai eu Séoul ce matin ; le ‘Baltimore Sun’, le ‘Los Angeles Times’, et même le ‘Fresno Bee’, un journal californien, ont cherché à nous joindre”, explique Géraldine Lehideux, chargée des relations avec la presse étrangère pour le candidat centriste à l’Elysée, qui dit avoir “30 ans d’ Union pour la démocratie française (UDF)”.

Un engouement constaté sur le terrain, où François Bayrou est accompagné par un nombre croissant de journalistes, pour qui deux autocars sont désormais nécessaires. Parmi eux, beaucoup d’étrangers. “Au début, c’est Ségolène Royal qui intéressait les Italiens. Aujourd’hui, Bayrou les intrigue, d’autant qu’ils font le lien avec (le président du Conseil italien Romano) Prodi”, expliquait récemment dans les rues de Saint-Denis Domenico Quirico, du quotidien turinois La Stampa. “Il est peu connu dans le monde arabe mais les gens pensent qu’il peut nuire à un certain Nicolas Sarkozy”, disait à ses côtés un confrère de la chaîne qatarie Al Djazira.

Après un bain de foule dans une rue piétonne de la ville de la banlieue nord de Paris, François Bayrou a accordé quelques minutes à la presse anglo-saxonne. “I think I can win” (Je pense que je peux gagner), a assuré en anglais le député béarnais, qui répond en espagnol à la presse hispanique, voire en grec ancien – il est agrégé de lettres classiques – aux reporters héllènes. A la faveur de sa montée dans les sondages d’opinion, François Bayrou a suscité la curiosité des journaux européens d’abord, du reste du monde aujourd’hui.

La télévision chinoise Phoenix TV l’a filmé au Salon de l’agriculture. Deux pages devraient lui être consacrées la semaine prochaine dans l’hebdomadaire américain Time. “Que mangez-vous, que buvez-vous ?” lui demandait récemment à Metz une journaliste scandinave, question qui ne viendrait sans doute pas à l’esprit de ses confrères tricolores. “J’aime les choses simples : une omelette et un bon vin”, a répondu François Bayrou, généralement très disponible pour la presse, quitte à faire le gendarme en cas de bousculade, à répondre maintes fois à la même question et à se mettre très en retard sur le programme prévu.

Des quotidiens étrangers, le Frankfurter Allgemeine Zeitung a été le premier à solliciter un entretien, en décembre. “Les Allemands étaient intrigués par l’idée de Bayrou de prendre exemple sur Berlin pour former un gouvernement mêlant différentes tendances politiques”, expliqué son attachée de presse, Marie-Amélie Marq. Puis ce fut le tour de la presse anglo-saxonne. “La moitié du pays déteste un candidat. L’autre moitié déteste son rival. Entre les deux, François Bayrou, prochain président de la France”, écrivait The Guardian fin février, invitant les Britanniques à courir chez le bookmaker pour “parier tout leur argent sur François Bayrou”, alors crédité de 19 % des intentions de vote.

Né dans une ferme, le député béarnais est “le seul candidat capable de traire une vache et de conduire un tracteur”, faisait remarquer au même moment le grand quotidien espagnol El Pais. “Nous faisons en sorte qu’ils le connaissent, qu’ils le voient vivre, qu’ils regardent ses choix”, explique Géraldine Lehideux. “Pour la politique internationale, on verra plus tard”.

Hormis sur l’Europe, François Bayrou s’est pour l’instant très peu exprimé en matière de politique étrangère, lui préférant des sujets franco-français en cohérence avec sa campagne “à l’ancienne”. Deux tournées en Outre-Mer sont prévues ce mois-ci, ainsi qu’un voyage au Bénin en avril.

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