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Quatre semaines pour réinserer les enfants de rue

15 mars 2007, 00:00

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Epargner les enfants de la rue de la mendicité sur une période de quatre semaines. Tel est l’objectif visé par l’“Initiative Lemizo” lancée pour lutter contre l’exclusion sociale dans la ville d’Antananarivo. Il s’agit de mettre l’accent sur le droit humain et la protection de l’enfant, en lui faisant bénéficier de ses droits fondamentaux, entre autres celui d’avoir un foyer, d’être scolarisé, de jouir d’une bonne éducation ou d’accéder aux soins de base.

Cette initiative est mise sur pied par le ministère de la Santé, du planning familial et de la protection sociale, la Commune urbaine d’Antananarivo (CUA), à travers le Bureau municipal d’hygiène (BMH), et le corps des sapeurs-pompiers et les associations et Organisations non gouvernementales (ONG) oeuvrant pour la réinsertion des plus démunis.

“Lemizo vise à promouvoir la baisse de la population des rues et des sans-abri constitués en majeure partie d’enfants, tout en renforçant leur réinsertion sociale et ainsi les recaser”, fait savoir le Dr Jean-Louis Robinson, ministre de la Santé, du planning familial et de la protection sociale, avant-hier, en marge de la présentation de l’initiative.

“Ceci, en vertu de l’engagement n°8 et du défi n°4 du Plan d’action pour Madagascar (Map) relatif à l’assistance aux couches démunies et vulnérables”, poursuit le Dr Marie Perline Rahantanirina, vice-ministre.

Scolarisation et réinsertion </B>

L’“Initiative Lemizo” entend axer ses activités sur le développement de chaque individu et du pays. Ainsi, les enfants tirés de la mendicité au niveau des rues seront à la fois recasés au niveau des centres d’acccueil et scolarisés.

Le centre Akamasoa du père Pedro Opéka a déjà annoncé sa disponibilité à accueillir des enfants sans-abri. “Il faut seulement que les personnes qui désirent intégrer le centre remplissent trois critères : se mettre au travail pour les adultes, suivre les cours à l’école pour les enfants et respecter le “dina” de l’Akamasoa”, fait-il savoir.

Pour commencer, Antananarivo reste sa seule zone d’intervention. L’extension dans les autres provinces étant prévue dans les mois à venir. Le choix de cette ville résulte du désir d’améliorer l’image de la capitale, en réduisant le nombre des personnes errant dans les rues. C’est pour cette raison que l’expulsion des adultes oisifs des tunnels, arcades et rues de la ville où ils “élisent domicile” s’inscrit aussi dans le cadre de l’“Initiative Lemizo”.

Selon Félix Ramahavita, directeur de la protection sociale, “le dernier recensement réalisé dans les six arrondissements, le 9 mars, fait état de 188 sans-abri constitués en majorité d’enfants, dans la ville d’Antananarivo.”

Parmi ces 188 sans-abri, 47 sont issus du premier arrondissement, 34 du deuxième, 45 du troisième, 40 du quatrième, 21 du cinquième et un seul du sixième. La reinsertion des sans-abri adultes au niveau des sites d’accueil, dont Imamba, ou la prise en charge de ces personnes pour leur retour au niveau de leurs villes d’origine relèvent du ressort du BMH. La nouvelle mesure visant à promouvoir la réinsertion sociale des enfants des rues ne fait pas l’unanimité. Certaines personnes concernées sont pour, d’autres n’y voient que des incovénients. Ce sont les parents qui sont contre la réinsertion de leurs progénitures.

“A l’instar de ce qui a été réalisé il y a quelques années, la réinsertion ne fait que nous séparer de nos enfants”, s’exclame Marie-Jeanne, sans-abri mendiant à Analakely dans la journée. “Je suis d’accord si je suis placée dans un même centre d’accueil que mes enfants, sinon autant rester dans la rue et profiter de la ville”, ajoute-t-elle.

La plupart des enfants des rues sont emballés quant à l’idée de retrouver les bancs de l’école. “J’aimerais apprendre à lire et à écrire pour devenir riche un jour”, confie Toky, les larmes aux yeux, tout en mendiant dans les embouteillages à Analakely.

Henintsoa ANDRIAMIARISOA</B>

<I>© l’express de Madagascar</I>

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