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Camilla, la bonne fée de Camp-Levieux

14 mars 2007, 00:00

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Sa bonhomie et sa simplicité inspirent confiance. Sa vie se résume à un seul mot : aider. ça tombe bien car ce petit bout de femme ?uvre dans le social. Bientôt un an que Camilla Chavrimootoo Mootoosamy, 30 ans, est field worker au sein du Trust Fund for the Social Integration of Vulnerable Groups (TFSIVG) pour la région de Bambous ? Rivière-Noire.

Ce n?est pas par hasard que cette jeune femme de Camp-Levieux fait du social. Quasiment toute sa famille ?uvre dans ce domaine. Pourtant, le social n?était pas ce à quoi elle aspirait au tout début. Elle voulait d?abord être prof d?éducation physique. ?J?ai beaucoup travaillé en vue de le devenir, mais je n?y suis pas parvenue.? Tant pis. Camilla, ce n?est pas le genre à s?apitoyer sur son sort. Son autre rêve était de devenir policière, c?est pour un travail dans le social qu?elle craque. Rien de très nouveau pour Camilla, car elle a multiplié les expériences dans le domaine. D?abord à travers le scoutisme qu?elle fait de sept à quinze ans. Ensuite elle s?est occupée de l?organisation d?activités pour les enfants de Beau-Bassin ? Rose-Hill après les heures de classe. Finalement elle a travaillé au Centre de solidarité de Rose-Hill pour la réhabilitation des toxicomanes.

C?est en particulier son oncle André qui l?a poussée sur la voie sociale. Le fait qu?elle habitait dans une rue où elle voyait beaucoup d?enfants s?acheter de la drogue a aussi contribué à ce choix. Car ce n?est proprement pas dans la nature de Camilla de se contenter de contempler la décadence autour d?elle sans bouger le petit doigt. Depuis toujours, si elle voit un enfant qui s?achète des cigarettes, elle l?en empêche. Et si elle voit qu?un enfant n?est pas allé à l?école, elle ?lui demande des comptes?. Parce qu?elle estime que ?si les enfants n?ont pas une bonne éducation dès le commencement, ils seront malheureux plus tard?.

Camilla n?a pas eu une vie toute tracée. A l?âge de six ans, elle perd sa maman. Heureusement qu?en la nouvelle épouse de son papa, elle trouve : ?une autre maman qui m?a guidée avec amour.? Camilla rend surtout hommage à son papa qui a eu le courage de l?élever après la mort de sa maman. ?Je lui dis un grand merci. Il m?a beaucoup encouragée, surtout pour les études. Monn bien gagn mo rinss me sa inn servi mwa?, déclare-t-elle en pouffant de rire. La situation n?a pas beaucoup changé du reste, et ce bien qu?elle soit mariée. ?Pour lui, je suis toujours une petite fille.?

En parlant de mariage, l?heureux époux de Camilla s?appelle Hedley avec qui elle a eu une fille, Shannen, 9 ans. Elle ajoute que Shannen, c?est ?la première et la dernière enfant?. Cela, parce que ?la vie est très chère. Pour que la famille avance, il faut pouvoir donner à l?enfant tout ce qui lui est nécessaire. C?est bête d?avoir beaucoup d?enfants et ne pas pouvoir subvenir à leurs besoins. Surtout, de nos jours où les études coûtent cher?.

Comment se décrit-elle ? ?J?ai un caractère de chien?, déclare-t-elle en riant aux éclats. ?Non, c?est pas vrai, comme tout le monde, mo ena mo bon, mo ena mo mauvais.?

Venons-en à son travail au TFSIVG. Il consiste à aider et empower ceux qui sont au bas de l?échelle pour qu?ils puissent prétendre à une vie décente. Aide à trouver un logement, aide pour financer des fournitures scolaires,

du micro-crédit? Son feeling après avoir pu apporter son aide : du bonheur tout plein. ?La satisfaction qu?on a quand on voit qu?on a pu rendre les autres heureux n?est pas mesurable. C?est tout bonnement merveilleux.?

Quelles sont les qualités requises pour faire du social ? Pour Camilla, ce sont : le courage, qu?elle a eu de son papa, de la volonté, qu?elle tient de son tonton André et de la générosité qu?elle tient de sa maman. Et d?ajouter ?mais contrairement à elle, j?en ai seulement un grain?, rigole-t-elle. ?C?était une grande dame?, se remémore-t-elle. Autres qualités requises, l?amour pour son travail et pour les autres ainsi que l?encouragement de la part des autres. Cela, elle n?en manque pas. Son mari et sa fille lui sont d?une aide immense. ?Ces deux-là sont mon univers.? L?apport des collègues est aussi un facteur non négligeable.

A la question de savoir si elle veut faire ce métier toute sa vie, elle répond avec un grand oui. Tant mieux pour tous ceux qui ont besoin d?un coup de main.

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