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La longue attente d’une mère

14 mars 2007, 00:00

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Alors que les recherches pour retrouver les pêcheurs du King Fish I et le King Fish V disparus au large de St-Brandon, se poursuivent, une mère, qui n’a aucun contact avec les autorités mauriciennes et la compagnie de pêche Hasser Taher Seafood Ltd, est dans l’attente.

Dans sa petite maison de deux pièces à Baie-du-Nord, la dame espère comme toute bonne mère que l’on lui vienne dire que son fils, Patrice Meunier, 33 ans, a été retrouvé sain et sauf. Celui-ci est un des pêcheurs disparus. Loin de tout, cette mère de 60 ans, écrasée par des années de labeur, n’a appris la nouvelle que le 3 mars. Elle avait certes su à travers la presse que des pêcheurs n’avaient pas donné signe de vie après le passage du cyclone Gamede, mais elle ne s’imaginait pas que Ti-Zom , son benjamin, était sur un des bateaux.

Mais l’instinct maternel l’a poussé à poser des questions. C’est ainsi qu’un de ses fils a appelé la compagnie de pêche à Maurice. “Li na pa ti pe kapav repon moi. Li pa ti pe rod dir moi”, dit-elle. C’est un de ses voisins qui lui a dit que Ti-Zom est porté disparu. Le coup a été rude pour toute la famille. Jean-Michel le frère du pêcheur part aux nouvelles à Maurice mais il rentre au pays sans pouvoir éclairer ses proches.

Maryse Meunier est dans l’angoisse depuis. De temps en temps, elle jette un regard sur une des rares photos de son fils. Elle la garde jalousement. “Elle la montrera à ses petits-enfants quand ils grandiront”, dit Lorenza Meunier, tante du pêcheur, venue la réconforter. Elle aurait aimé avoir plus de visites pour l’aider à surmonter cette épreuve et qu’un commissaire lui donne un soutien moral. Mais celle de la Sécurité sociale, Marie-Thérèse Clair, quitte Rodrigues aujourd’hui pour faire la promotion de l’île.

Patrice Meunier vit depuis plusieurs années à Maurice avec sa compagne avec laquelle il a un fils de 3 ans. Mais il se fait un devoir de rendre visite à ses proches. La mère garde un bon souvenir de sa dernière visite en décembre dernier.

Le pêcheur porté disparu a toujours été pêcheur comme ses trois frères qui sont restés à Rodrigues. Ils ne pêchent plus depuis qu’ils ont appris la mauvaise nouvelle. Quelque part, ils veulent peut-être montrer leur méfiance envers cette mer capricieuse, qui nourrit l’homme et qui lui prend aussi la vie quelquefois, selon son humeur.

Quant à Maryse, elle garde espoir qu’elle va lui rendre son fils vivant. “Je continue de prier pour que mon enfant revienne sur la terre ferme”.

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