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Quand le HSC s’ouvre sur le monde du travail

13 mars 2007, 00:00

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Le programme d’études pour le Higher Scool Certificate (HSC) se cherche une nouvelle vocation : former des professionnels qualifiés pour le marché du travail. Le Mauritius Examinations Syndicate (MES) est en pleine négociation avec Cambridge International Examination (CIE) pour introduire un HSC Professional, l’équivalent d’un Brevet technique supérieur (BTS).

Et il était grand temps. Des lacunes se font âprement sentir depuis plusieurs années déjà sur le terrain. Pour certains même, la situation est alarmante. Sur les quelque 15 000 étudiants qui participent annuellement au School Certificate (SC), à peu près 5 000 auront plus tard leur HSC et moins de la moitié entamera des études supérieures.

Les autres, soit plus de deux tiers du contingent, entreront sur le marché du travail et pourtant, ils n’y auront pas été préparés. Parce que, paradoxalement, la vocation première du HSC est de préparer les jeunes Mauriciens aux études post-secondaires. N’est-ce pas là un énorme gâchis de ressources ?

“Le HSC ne répond plus aux besoins du pays. Il offre surtout une formation académique pour un accès à l’université et ne prépare pas les jeunes à un emploi immédiat. Pourtant, beaucoup d’étudiants entrent sur le marché du travail une fois leur HSC obtenu ou décrochent au niveau SC parce qu’ils ne voient pas l’utilité de continuer. Comme le SC et le HSC ne les préparent pas pour le travail, ils ne sont pas adaptés aux besoins”, affirme Lucien Finette, directeur du MES. “Le HSC, dans sa forme actuelle, n’ouvre pas beaucoup de portes”, constate-t-il.

Lors du passage de hauts cadres de la CIE à Maurice la semaine dernière, le MES en a profité pour entamer des pourparlers autour d’une nouvelle formule du bon vieil examen de fin de cycle secondaire. Et il ne s’agit pas d’un dépoussiérage, mais d’une remise en cause de l’essence même de ce diplôme.

Quatre filières offertes

Le HSC Professional, tel que discuté actuellement, prévoit trois années d’études, dont une consacrée à un stage en entreprise. Après obtention de son SC, l’étudiant aura libre choix d’opter pour le HSC classique ou pour la nouvelle version. Si tout se déroule comme prévu, ce sont ceux qui sont actuellement en Form IV et qui seront en Form V l’année prochaine qui seront les premiers à pouvoir faire ce choix en 2008 et pourront avoir leur diplôme en 2011.

Dans un premier temps, quatre filières seront proposées : comptabilité et business, fashion & design, tourisme et informatique. Pour suivre une de ces filières, nul besoin de changer d’établissement scolaire. Les collèges feront parfaitement l’affaire.

Autre changement notable, ce HSC Professional, dessiné spécialement pour Maurice, ne s’obtiendra pas à la suite d’un seul examen. “Les étudiants seront évalués au fur et à mesure par des examens qui auront lieu tous les ans ou tous les six mois. Nous ne sommes pas encore fixés sur ce point. En tout cas, ce sera complètement différent de ce que nous connaissons déjà”, explique Lucien Finette. L’objectif est de livrer des cadres moyens dans le monde du travail.

Opter pour un HSC Professional ne doit cependant pas exclure des études supérieures si l’étudiant le souhaite. Des passerelles devront être établies avec des universités. “Ce diplôme pourrait par exemple permettre d’intégrer l’Université de Technologie de Maurice tout en le permettant de passer directement à la seconde année dans cet établissement-là”, pense Lucien Finette. Ayant déjà pris trois ans pour compléter son HSC Professional, le jeune ne sera ainsi pas pénalisé s’il décide d’aller poursuivre des études supérieures dans la filière qu’il a choisie. Le MES proposera un premier jet de ce vaste projet au ministère de l’Education fin mai pour pouvoir établir un calendrier de travail.

Le MES et Cambridge travaillent sur un autre point de coopération, le SC. Le Joint Cambridge-Mauritius SC sera introduit dès l’année prochaine. “Ça va dans le sens du débat qui a lieu concernant la préparation du SC à Maurice”, dit-on au MES. Pour Lucien Finette, la population est prête à accepter que le nom de Maurice figure sur le diplôme du SC. Toutefois, “si nous allions opter pour un diplôme entièrement mauricien, nous allions perdre l’équivalence de Cambridge qui est acceptée partout dans le monde. Il faut reconnaître que Cambridge a une valeur et une reconnaissance internationales”, soutient le directeur du MES.

A travers ce joint certificate, le MES augmentera sa part dans la préparation des examens. Actuellement, 30 à 40 % des examens du SC sont traités localement. Pas moins de 16 épreuves sont déjà placées entièrement sous la responsabilité du MES. Ce dernier participe donc déjà pleinement à la préparation du programme d’études, des questionnaires et à la correction. L’objectif de cette nouvelle entente entre les deux organismes est maintenant d’augmenter graduellement la participation mauricienne.

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