Publicité
Une histoire sentimentale serait à l’origine du drame
Par
Partager cet article
Une histoire sentimentale serait à l’origine du drame
“Nu pa ti dakor ki Kishan marye avek nou tifi. Akoz sa mem li avek so frer finn vanze, zot finn touy mo mari.” C’est ce que nous a déclaré Mila, l’épouse de Dharmanand Ruttan, un laboureur de 48 ans, mortellement poignardé dimanche soir devant le poste de police de Montagne-Blanche.
Le drame s’est joué lorsque la victime allait dénoncer Kishan Mohit, leur voisin, qu’il soupçonnait de l’incendie de son véhicule. Une petite fille de quatre ans avait dit avoir aperçu le suspect en train d’asperger le 4 x 2 de Dharmanand d’un liquide avant d’y mettre le feu.
Le même jour, des policiers se rendent au domicile de Kishan et lui demandent de les accompagner au poste. Mais ce dernier aurait résisté, brandi deux sabres et aurait, à deux reprises, menacé les policiers. Mais il est maîtrisé et emmené au poste.
Kiran, 31 ans, le frère aîné du suspect se rend au poste de police à bord de son fourgon. Dharmanand se tient devant la porte. Kiran, selon la police, se serait alors approché de lui et, sans crier gare, l’aurait poignardé à l’abdomen. Transporté d’urgence à l’hôpital de Flacq, Dharmanand y rendra l’âme à son arrivée.
L’épouse de la victime affirme que ce drame aurait pour toile de fond une querelle qui date de l’an dernier. Kishan, dit-elle, avait demandé sa fille Pooja en mariage mais Dharmanand s’y était fortement opposé. “ Mo oussi mo pa ti dakor parski Kishan pa ti enn garson korek. Li avek so frer pa ti ena bon repitasyon dan landrwa”, dit-elle.
Elle nous confie avoir, une fois, surpris Kishan dans sa maison. “Li ti pe kasyett enba lili san so simiz”. L’intrus aurait pris la fuite par la fenêtre. Kishan ne cessait, dit encore l’épouse, de harceler sa fille qui travaillait dans un salon de coiffure à Flacq. “Li ti deza al gett li dan salon. Lerla, li ti ris li par so lebra ek ti met li dan so van.” Elle nous affirme toutefois que sa fille n’avait pas de sentiments amoureux pour lui. “Pooja ti dir mwa ki li pa kontan li.”
“Mo finn resi sove par la fenet”
Kishan affirme, pour sa part, qu’il entretenait une liaison avec Pooja. “Mo ti kontan Pooja depi 5 an. Mo relasion avek so papa ti korek ziska li finn al kone. Lerla, mo finn aret al laba.” Mais un soir, raconte-il, il s’est rendu chez sa bien-aimée à la demande de cette dernière. Il a été surpris par Mila dans la chambre de la jeune fille. “Mila finn envoy enn sez lor mwa. Mo finn resi sove par la fenet”. Une déclaration a été faite contre lui. Poursuivi pour vagabondage (rogue and vagabond), il plaide coupable devant la cour de district de Flacq.
Hier, la police a informé Kishan qu’une accusation provisoire de crime d’incendie sera retenue contre lui, en attendant qu’il soit confronté à l’enfant qui allègue l’avoir vu mettre le feu au véhicule. Le suspect a fourni un alibi : il était, dit-il, avec des amis du village au moment de l’incendie. En présence de son homme de loi, Me Ashwin Kandhai, il a nié avoir mis le feu au véhicule de la victime. Son avocat présentera en cour ce matin une motion de remise en liberté.
Quant à Kiran, il a plaidé la légitime défense. Il a relaté aux limiers de la Criminal Investigation Division (CID) de Quartier-Militaire qu’en apprenant que son frère était au poste de police, il s’y est rendu pour donner une déposition. Toutefois, dit-il, en arrivant sur les lieux, il a été accosté par un groupe d’individus. Il a brandi un couteau pour leur faire peur, une altercation a eu lieu et, dans la confusion, il a poignardé la victime. Il a retenu les services de Me Soodesh Callichurn. Il comparaîtra ce matin devant le tribunal de Moka sous une charge provisoire d’assassinat. Une motion de remise en liberté sera présentée en sa faveur.
La maison des suspects est toujours sous forte surveillance policière. Onze membres de cette famille ont été évacués, pour des raisons de sécurité.
Publicité
Publicité
Les plus récents