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SSR : ?J?ai réclamé en premier l?Indépendance en? 1935

12 mars 2007, 00:00

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Fête nationale 1982. Dans l?indifférence populaire encore, titre la presse, bien sûr, irresponsable et prostituée. D?ailleurs seuls les invités officiels du dernier gouvernement ramgoolamien peuvent voir, dans des conditions décentes, le spectacle habituel organisé pour la 14e fois, à cet effet. Les 2 000 membres du public, parqués à droite ou à gauche du tarmac, doivent se contenter d?une vue latérale. A moins qu?ils ne préfèrent voir de dos nos traditionnels chanteurs, danseurs, majorettes à plumet et à bottes. Sir Seewoosagur Ramgoolam choisit, dans le cadre d?une interview, de répondre à ses détracteurs mauves qui lui contestent déjà le titre de ?Père de l?Indépendance? sous prétexte qu?il aurait déjà préconisé l?intégration de son île Maurice au Royaume-Uni qu?il idolâtre autant que Mother India, ne serait-ce que pour aller à Londres plus souvent qu?à la Nouvelle Delhi (qu?il ne faut surtout pas confondre avec Françoise Sagan).

Il est catégorique : ?Je suis le premier politicien mauricien à avoir réclamé, dès 1935, l?indépendance de Maurice. Pour un peu, il pourrait même s?attribuer la paternité de la formule gubernatoriale de ?Maurice aux Mauriciens??, datant pourtant d?avant sa conception. A la manière de celui qui lui a inventé une rencontre, bien sûr filiale, avec Mohandas Karamchand Gandhi en Afrique du Sud. Il soutient mordicus n?avoir jamais proposé l?intégration de Maurice à la Grande-Bretagne. Seuls des documents écrits et signés de sa main pourront le contredire sur ce point. Sur l?absence de toute effusion de sang dans l?accession du pays à l?Indépendance, la question est de savoir si l?on doit ou non inclure les atrocités commises lors de bagarres raciales à Trois-Boutiques, Port-Louis et Goodlands.

En matière de stratégie électorale, SSR rêve, en son dernier 12 mars en tant que PM, d?une alliance étendue comprenant son PTr, bien sûr, le CAM, le PMSD de Gaëtan Duval, celui d?Eliézer François, le RPL, l?UDM et de l?un ou l?autre corrompu. Il oublie seulement de préciser qui en sera la locomotive et qui seront les wagons. Cet oubli se révélera fâcheux à l?heure du casse-boîte.

Il maintient : ?Avant moi aucun politicien n?a mentionné le concept d?Indépendance ni ne l?a réclamée. En rentrant au pays natal, en 1935, j?ai immédiatement compris que la lutte politique doit avoir pour ultime objet l?indépendance de Maurice. Les Mauriciens ignoraient tout de ce concept. D?ailleurs Harish Boodhoo dément le MMM sur ce point et reconnaît ma contribution dans notre Indépendance avec Basdeo Bissoondoyal et Razack Mohamed ? (mais contre Gaëtan Duval).

Quid des procès-verbaux parlementaires établissant par écrit, au dire des détracteurs, que SSR a parlé aussi bien d?Indépendance que d?une éventuelle intégration de Maurice au Royaume-Uni d?Elizabeth II ? ?C?est un tissu de mensonges pour me discréditer et mon PTr avec?, réplique SSR. Le MMM se ridiculise en essayant de récupérer à son profit les luttes du PTr. D?autres proposaient, certes, l?intégration de Maurice à la Grande-Bretagne. Je les ai combattus en faisant ressortir que les Anglais n?entendaient accorder l?intégration à aucune de ses colonies (exception faite, bien sûr, pour quelques colonies anglaises à population blanche et politiquement correctes).

Il se laisse aller à une confidence. Lors du retour au pays natal, et plus exactement de l?escale de Cape Town, il rédige une missive à son ami R. O?Connor, dans laquelle il résume ses idées politiques. Des années plus tard, il reçoit la réponse d?O?Connor : ?Seule l?Indépendance te permettra d?atteindre tes différents objectifs politiques?. Il y voit la preuve qu?il pensait déjà indépendance avant même de fouler à nouveau le pays natal.

  • Le MMM vous accuse pourtant d?être l?homme des Anglais ?

  • Je suis celui qui ai fait partir les Anglais de Maurice (l?archipel des Chagos non compris).

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