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?Revival rock?

12 mars 2007, 00:00

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Has been Clarel Betsy ? Un peu marqué sixties quand même, avec sa chemise à fleurs au col relevé. Mais lui, se fout du mal que l?on peut penser de lui. ?Mo enn bon garson, me pa amerd moi?, prévient-il. Pas méchamment. Il vous touche trop souvent le bras pour cela. Il rapproche trop son visage du votre, quand il prend le ton de la confidence.

Il a beau montrer ses cernes, c?est une vraie pile électrique. Se levant, se rasseyant, faisant de grands gestes en racontant son histoire. Ce n?est pas pour rien que ses initiales sont CEB, pour Clarel Edouard Betsy.

Une chose est sûre, à 56 ans, il sait ce qu?il n?est pas. Pop-rockeur dans l?âme, ce Mauricien de Paris, au créole ?ki pe sanze?, sait qu?il n?est pas ségatier. Et même s?il chante Ti Frère, ?mo pa finn ress amba laboutik avek 25 sous par semenn. Pour faire du séga, faut avoir au moins vécu cela.?

Ce qu?il vit aujourd?hui, c?est une reconnaissance qu?il n?a jamais osé rêver. ?C?est le plus beau jour de ma vie après mon mariage.? être avec Ardé, les invités de la République pour les spectacles du 12 mars. Et lancer Mauriciens, chanson ?condamnée aux oubliettes?, ressuscitée de son best of sorti en 1997. Remise au goût du jour, notamment grâce aux soins de Richard Hein. Et promise, il l?espère, à une carrière à la radio.

C?est rare les artistes contents des autorités, du ministère des Arts et de la Culture en particulier. D?accord. C?est vrai qu?en décembre, quand il a proposé son projet, on lui a répondu qu?à Maurice, tout est fermé en cette période, et qu?il fallait revenir ?apre lane?.

Mais il est patient Clarel Betsy. Son idée de faire un film sur l?histoire de Paul et Virginie, cela fait 17 ans qu?il la traîne. Et voilà qu?il y a deux jours, ses deux fils, à qui il a interdit d?ouvrir son courrier (et qui lui réservent huit kilos de lessive à son retour), l?ont appelé pour lui dire que la présidence de la République française avait finalement répondu. Disant que son dossier avait été envoyé à Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture. ?Mo finn dir Chirac Moris bien kontan li, be donn nou enn ti laid avan li ale.?

Alors, pensez donc, attendre un mois pour démarcher les autorités locales, cela ne lui a pas fait peur. D?autant plus qu?il a quelques entrées. En décembre, Clarel Betsy qui a l?oeil pour les ?zoli tifi?, s?est fait homme-pont, pour qu?Ardé tourne le clip de I like to like it, chez nous. Le tout avec la bénédiction de la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA).

Dès qu?il l?a repérée en couverture d?un magazine, il a pris contact avec Bertrand Mauvis, le frère d?Ardé et aussi son manager, en Afrique du Sud, pour proposer ses services. Pour ?sa? blonde (Clarel Betsy représente maintenant les intérêts d?Ardé en Europe), il ne manque pas d?ambition. Il annonce qu?il lorgne du côté de Warner Bros. Alors, ce n?est pas une réponse de fonctionnaire qui allait le décourager.

Une forte dose d?autodérision comme atout

Il a eu raison d?insister. Celui qui dit qu?il n?est pas poète, parce que ?mo pa konn lir liv. Mo plein ariv paz vin, parski pena foto ladan?, confesse aussi qu?il est ?trop la crème?. Et il vous fait tellement rire que vous y croyiez.

Avec une telle dose d?autodérision, on survit à tout. à Maurice qu?il a quitté parce qu?il était un ?enfant gâté?, qui à 21 ans, ne savait rien faire à part de la musique. à Paris, qu?il n?a pas aimé du premier coup, parce qu?il s?y est retrouvé seul, dans des rues qui ne sentent pas le ?kari? comme à Londres.

C?était au début des années 70. Avant qu?il ne parte, ses proches, qui lui payaient le ?bis Tata?, traduction : le billet d?avion, lui ont dit : ?Pa al met pandi?. Une fois là-bas, lui, se noie dans la musique. Son passeport : un passé de responsable du fan club des Beatles à Maurice. C?est sa clé pour rentrer trois fois la semaine à l?écurie. Comprenez qu?il est batteur et chanteur dans un club londonien qui s?appelle The Stable, où il reprend les tubes des quatre garçons dans le vent.

Les détails pleuvent. Les anecdotes aussi. Clarel Betsy est de ceux qui ne cachent rien. Surtout de leur vie privée (le décès de sa femme en 2002, sa solitude, son besoin d?affection, de préférence d?une personne ?fraîche?).

Mais revenons aux débuts. ?Avant de partir, ma maman, qui coiffait la femme du directeur du British Council de l?époque, lui a parlé de moi. Alors elle lui a donné l?adresse de sa fille à Londres, en disant qu?elle aussi faisait de la musique (elle est devenue ma pianiste) et son mari, un ingénieur du son.?

Le Mauricien ira effectivement chez eux. Louera une chambre chez eux. Sera le témoin de leur mariage. C?est comme cela qu?il entre dans le circuit. Celui des studios. ?Ma vie est un roman.? Clarel Betsy s?en excuse presque.

C?est le signal pour que défilent Cat Stevens, Julien Clerc, Police, Catherine Lara. Leur point commun : un certain Jean Roussel, pianiste mauricien qui a accompagné les uns et composé pour les autres, rencontré au hasard des enregistrements.

Craignant la concurrence, Clarel Betsy retourne à Paris. ?à Londres, il y a trop de bon musiciens. Laz 17 an, ou trouv enn piti pe zoue kouma Jimmy Hendrix.? Il regagne son arrondissement parisien, où il rêve désormais de ne passer que six mois pour être le reste de l?année à Maurice.

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