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?Enn syek de syek?
Enn zour dan enn pei. Une association pour aveugles. Pour qu?ils soient vus. Sans mauvais jeu de mots. Pour que leurs droits soient reconnus. Surtout celui au travail. C?était en 1982. à la faveur d?une grève. ?Nou ti pe fer travay sindika.?
Lerla li gagn enn kout pye li tom la. Vingt-cinq ans après les faits. La barbe d?Alain Muneean, membre fondateur d?ABAIM, a blanchi. Mais son sens critique n?a pas faibli. Mauricianisme. Anti-communalisme. Concepts et idéologie de gauche se sont mués en mode de vie.
?Nou pa fer sosyal, nou viv sosyal.? Une générosité poussée à l?extrême. Exemple : les artistes du groupe ont renoncé à leurs droits d?auteur. Les bénéfices sont versés dans la caisse de l?association. Cela existe encore en 2007, ces ?camarades? qui ont des convictions.
Ces camarades qui osent la réflexion. Qui disent non au système. Non à la ?klasifikasyon dimoun par etni?. ABAIM, c?est vouloir appartenir au groupe des humains. Un ensemble par essence extensible. Prêt à accueillir d?un coup, tous les ?Ti Marmit?. Toute la ?ti marmaille? qui injecte fraîcheur et innocence à des comptines oubliées, des ?ti morso nou lenfans?.
Des bouts de nous pour recoller ceux qui ont besoin de vous. Avec pour ciment, rien qu?un peu d?originalité. ?Nou pa fer sarite.? Changer le monde, les mains pleines de chansons. Des refrains pour ?nou pa get seki nou pe fer kouma le sant du monde?. Et surtout donner. Donner de soi. Donner de son temps. Donner ce qui ne s?achète pas.
?Nous ne vendons pas des rêves. Nou pa voyaze lanwit lizour.? Le trajet le plus difficile étant d?aller vers l?autre. L?infortuné. Le prendre par la main, le prendre par le coeur, ?batir a partir seki li kone?. Et laisser les talents bourgeonner. ?Fer dimoun ordiner vinn desider.? Voir des mamans d?enfants fréquentant le Saturday care (voir hors-texte) devenir des ?dirigeants de l?association?. Voir ces enfants devenir les animateurs d?ateliers de création. Et ?tirer? un album qui a fait fureur.
Sanz lapo kouma kameleon. Critère essentiel, qui pour Alain Muneean permet d?évaluer l?efficacité réelle d?une association. ?Si pa li pe zis kolmate?. Si les cibles ne sont au bout du compte que des assistés.
Vingt-cinq ans plus tard, être toujours sur le qui-vive. S?inquiéter de ?l?ethnicisation de la culture?. Citer en exemple, ?tout ce qui se passe par rapport à la langue créole?. Mais surtout vingt-cinq ans plus tard, y croire encore. Exister.
Les activités
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Un atelier de musique qui se tient deux fois la semaine, pour la musique traditionnelle
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L?école de ravanne tous les samedis
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Un atelier de guitare
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Le ?Saturday care?, un espace de créativité pour les enfants
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Des activités sportives
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Un gymnase mis à la disposition des ?dimoun lendroi? pour aider à combattre la délinquance, la drogue et l?alcool.
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Le projet d?autosuffisance alimentaire. Des poules pondeuses distribuées avec la liberté pour les bénéficiaires de consommer les ?ufs ou de les vendre.
RESEAU
Fidy, le souffle malgache
■ Un Malgache qui ne pouvait que retenir l?attention de Marousia Bouvery. Là, en plein séminaire sur la gestion des entreprises culturelles dans la filière musique, Fidy lui a chantonné ?Ti marmite?. Ils ne pouvaient que s?entendre. De fil en aiguille, ils conviennent de la nécessité de créer un réseau, indianocéanique de préférence. Marousia Bouvéry a fini par inviter Fidy à venir à Maurice. Elle raconte : ?Abaim a de nouvelles exigences. En 1992, à la sortie du premier album, nous étions une dizaine. C?est à croire que le groupe est extensible. Depuis 2000, les enfants qui ont participé à 16 ?Ti morso? ont, eux aussi ,intégré le groupe. ?Kan nou deplase, se 50 dimoun ki bouze. Cela demande une sacrée dose d?organisation.?
C?est dans ce sens que le soutien de Fidy est bienvenu. ?Mon travail, c?est comment gérer une répétition, comment orienter une création, comment optimiser le temps, s?améliorer, se professionnaliser.?
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