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La police privilégie des actes isolés
L?existence d?une organisation criminelle se faisant appeler le Groupement d?intervention des prisonniers mauriciens (GIPM) apparaît aux enquêteurs de moins en moins crédible. C?est en tout cas l?avis de certains enquêteurs proches du dossier. D?autant plus que les récents interrogatoires de prisonniers et d?anciens détenus soupçonnés d?appartenir à ce réseau n?ont, jusqu?à présent, apporté aucune réponse susceptible de faire avancer l?enquête. Cette dernière menée par la Major Crimes Investigation Team (MCIT) se poursuit tout de même pour identifier l?auteur d?une revendication concernant l?agression d?un garde-chiourme.
Un homme, anonyme, avait, en effet, le 1er mars dernier, revendiqué sur les ondes d?une radio privée l?agression à l?acide de l?assistant surintendant des prisons (ASP), Hemindralall Bhunjun, survenue le 26 février. Et il avait précisé que le GIPM, « soutenu » financièrement par des barons de la drogue, avait pour mission de « venger » des détenus victimes de violence.
Fort de ses 35 membres supposés, le « gang » cible principalement les gardes-chiourme, mais déclare qu?il s?en prendra, dans les dix jours, au chef de la MCIT, le surintendant de police Prem Raddhoa. « Ou kapav fer Raddhoa konne ki dan dix zour so rappor pou passer li ousi. Kot li ete, so rappor pou passer », lançait l?individu.
Cette revendication avait fait grand bruit et mené l?équipe de la MCIT à procéder à l?interrogatoire de détenus à la prison centrale. Wendy Lafleur, un multirécidiviste bien connu des services de police, a également été interrogé dans le cadre de cette affaire, mais il a nié toute implication dans cette organisation criminelle.
<B>D?autres agressionspourraient avoir lieu</B>
Une tentative d?agression en début de semaine contre un garde-chiourme à Port-Louis a, l?espace d?une journée, réveillé le spectre de cette organisation criminelle. Deux anciens détenus, armés de cutters, ont violemment pris à partie un garde-chiourme alors que celui-ci sortait du bâtiment de la Mauritius Housing Corporation.
Mais ce dernier a réussi à maîtriser ses assaillants et l?un d?entre eux a été arrêté sur-le-champ. Pour tous, il ne pouvait s?agir que d?un coup du GIPM.
Mais les enquêteurs en charge de l?affaire sont, eux, persuadés qu?il s?agit d?un acte isolé. « Nous pensons que la tentative d?agression, plus particulièrement, a été commise sans lien aucun avec l?organisation criminelle présumée. Il s?agit vraisemblablement de deux suspects qui ont voulu profiter de l?effet GIPM pour régler son compte à un garde-chiourme », laisse entendre un haut gradé de la police.
Une opinion partagée par un haut officier de la prison centrale : « Ce n?est pas un simple hasard si l?ASP Bhunjun a été visé. C?est un bon officier qui sait être très dur avec les détenus récalcitrants. Il y avait un message clair dans son agression : exiger des gardes-chiourme qu?ils soient moins durs, sinon, ils savent à quoi s?attendre. » Et de faire ressortir que d?autres agressions de ce type pourraient avoir lieu s?il n?est pas démontré que le GIPM est une « farce ».
Les interrogatoires se sont poursuivis cette semaine encore pour tenter de tirer au clair cette affaire. Des opérations de surveillance ont également été montées pour contrôler les moindres faits et gestes de suspects soupçonnés d?entretenir des liens avec cette organisation criminelle. « Les gardes-chiourme font également très attention à l?intérieur des prisons. Ils tendent l?oreille, comme on dit, et essaient de savoir si un ou des détenu(s) seraient au courant de quelque chose », explique un haut officier de la prison.
Il confie, par ailleurs, que l?« ambiance » à l?intérieur de la prison centrale est quelque peu tendue depuis la revendication radiophonique du GIPM. « Ils se surveillent les uns les autres pour savoir qui pourrait faire partie de l?organisation », explique cette même source non sans esquisser un sourire.
<B>Les gardes-chiourmevivent dans la crainte</B>
Bien que bénéficiant d?une protection rapprochée depuis qu?il a été désigné comme la prochaine cible du GIPM, le chef de la MCIT, Prem Raddhoa a, à plusieurs reprises, déclaré qu?il ne craint pas particulièrement une quelconque action contre sa personne, mais il reste déterminé à découvrir le fin mot de toute cette histoire. « Toute l?équipe de la MCIT est sur la brèche depuis un peu plus d?une semaine. Même si elle pense que l?existence de cette organisation criminelle ne serait pas réelle, elle ne veut prendre aucun risque et mène l?enquête tambour battant », laisse entendre un proche du dossier.
En attendant un éventuel dénouement, les gardes-chiourme vivent dans la crainte d?une agression sur leur lieu de travail ou en pleine rue. Et l?un d?entre eux de confier : « C?est sûr, ça fait un peu peur, mais c?est notre métier et nous devons le faire quoi qu?il arrive ».
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