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Sous les ordures? l?électricité
L?idée de transformer les ordures commerciales, industrielles et domestiques en combustibles pour la production d?énergie électrique ne date pas d?hier. Mais cette fois, tous les facteurs, à quelques exceptions près, sont réunis pour que ce soit une réalité dans trois ans au maximum.
La réalisation de cette idée sera l??uvre d?un partenariat entre Gamma Civic Ltd, traditionnellement engagée dans l?industrie de la construction, et Covanta Energy, une entreprise américaine spécialisée dans le traitement des ordures pour la fabrication d?énergie électrique. L?objectif consiste à générer près de 20 MW d?électricité à partir de quelque 300 000 tonnes d?ordures annuellement. Cette électricité sera vendue au Central Electricity Board, l?organisme autorisé à produire et à distribuer l?énergie électrique. Les deux opérateurs se proposent ainsi d?injecter quelque Rs 5 milliards dans la réalisation du projet.
Si, dans l?idéal, cette initiative est aussi ambitieuse que louable, elle soulève toutefois de nombreuses interrogations. Les principales objections se rapportent à la localisation de l?unité et à sa capacité à garantir que les déchets toxiques, dont la dioxine et le furanne émanant de son système d?incinération, ne vont pas constituer un danger pour l?environnement et son voisinage. L?incinérateur devrait se situer à La Chaumière, un coin tranquille, qui est réputé pour sa production agricole.
Une des voix autorisées qui s?élève contre le projet n?est autre que celle de l?ancien directeur du département de l?environnement au ministère éponyme, Tiberman Sajiwan Ramyead. « Même si un incinérateur est confié aux meilleurs gestionnaires et est soumis aux systèmes de suivi les plus performants, il répandra toujours de la dioxine et du furanne. Cette émission va, tôt ou tard, dépasser la limite autorisée. »
Tiberman Sajiwan Ramyead propose que l?incinérateur soit installé près des zones côtières. Et comme dans ce genre de situation la communication est de mise, Gamma Civic et Covanta Energy sont montées au créneau cette semaine pour défendre leur projet. En première ligne Tommy Ah Tech, directeur de Gamma Civic et trois vice-présidents de Covanta, à savoir, Thomas Rantas, Project Manager, Franklin A. Sine, Regional Business Manager, et Michael L. Shain, General Counsel. La garantie qu?offrent les opérateurs, c?est une technologie dernier cri. « Mass-burn is of proven application in over hundreds of projects worldwide », explique Franklin A. Sine.
Un rapport sur l?émission de dioxine et de furanne, réalisé à Maurice en 2003 conformément aux dispositions de la Convention de Stockholm sur les polluants, a fourni un argument de taille aux opérateurs pour rejeter les craintes de leurs détracteurs.
Selon ce rapport, les trois sources majeures d?émission de dioxine et de furanne dans l?air sont, dans l?ordre, la production d?énergie à partir de la bagasse (41 %), les incinérateurs des hôpitaux (33 %) et ceux du CEB (8.08 %). Gamma Civic et Covanta s?appuient sur leur technologie pour soutenir que l?incinérateur peut être localisé n?importe où, et qu?en traitant les déchets des hôpitaux, il contribuera à purifier l?atmosphère de 33 % des émissions toxiques.
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