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Jean-François Drotkowski exploitant et distributeur de films à la Réunion
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Jean-François Drotkowski exploitant et distributeur de films à la Réunion
● <B> Votre société était l?une des premières à distribuer des films pour une projection au défunt Pathé Palace de Curepipe. Comment cela se passait-il à l?époque? </B>
Ma famille est installée dans l?exploitation de films en salles depuis 1936. En 1970, j?ai repris la société de mon père. Nous distribuions alors des films sur Madagascar, la Réunion et l?île Maurice. C?était à l?époque de grands westerns que les cinéphiles adoraient avant tout. Nous proposions à l?époque des films à la société mauricienne Allied Cinema jusqu?à ce que les frères Chady ouvrent dans les années 80, l?ABC de Rose-Hill.
● <B> Les salles obscures prenaient alors de l?essor jusqu?à ce que la télévision et surtout le magnétoscope viennent lui faire une sacrée concurrence ?</B>
Il y a eu à cette époque un changement radical dans les habitudes de consommation des cinéphiles. La télévision et le magnétoscope sont venus envahir les foyers. Déterminés à ce que l?ABC reste un haut lieu du cinéma, les frères Chady ont eu le mérite de persévérer et de maintenir leur salle à un certain niveau.
● <B> Aujourd?hui, malgré l?avènement des DVD, on continue à aller au cinéma. Comment l?expliquez-vous? </B>
On va au cinéma pour diverses raisons. La principale selon moi, c?est pour cette communion que l?on a avec d?autres cinéphiles. C?est aussi l?occasion d?une sortie à deux ou en groupe, dans un cadre confortable et convivial. Il y a ensuite toute l?émotion qu?un écran de télévision est incapable de reproduire.
● <B> Vous avez ouvert un multiplex à Saint-Denis à l?île de la Réunion. Pensez-vous que l?ouverture d?un multiplex sera pour bientôt chez nous? </B>
Grâce au multiplex à la Réunion, nous avons doublé notre capacité d?accueil. Ce nouveau mode de divertissement marche fort bien. En revanche, je ne pense pas qu?un multiplex serait avantageux pour les cinéphiles mauriciens pour la simple et bonne raison que vous avez ici des habitudes de consommation très différentes des nôtres à la Réunion. Je pense donc que ce ne sera pas pour demain.
<B> Propos recueillis par Martine LUCHMUN</B>
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