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Irlande du Nord : Des élections pour la paix

8 mars 2007, 00:00

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Les Nord-Irlandais ont commencé à voter hier pour élire une nouvelle Assemblée, un scrutin clef qui pourrait déboucher sur une administration partagée de la province entre protestants et catholiques.

Ces élections doivent conduire d’ici le 26 mars à la formation d’un gouvernement où cohabiteront les ennemis d’hier, protestants unionistes du révérend Ian Paisley et catholiques nationalistes du Sinn Féin de Gerry Adams, l’aile politique de l’Armée républicaine irlandaise (IRA).

C’est la troisième fois depuis les accords de 1998, épilogue à un conflit interconfessionnel ayant fait quelque 35 000 morts en près de 30 ans, que les Nord-Irlandais sont appelés à désigner les 108 représentants d’une Assemblée décentralisée qui n’a quasiment jamais fonctionné. Les premiers résultats sont attendus aujourd’hui après-midi. Le scrutin est à un tour, avec un système complexe de redistribution des votes. Le Premier ministre Tony Blair doit rencontrer son homologue Bertie Ahern demain matin pour évoquer les résultats du scrutin. La dynamique politique a considérablement changé ces derniers mois en Irlande du Nord.

En 2005, côté catholiques, l’IRA a renoncé à la lutte armée et accepté de détruire son arsenal. Le 28 janvier dernier, le Sinn Féin, branche politique de l’IRA, a également reconnu l’autorité des tribunaux et de la police nord-irlandaise, une première historique qu’exigeait le parti démocratique unioniste (DUP) du protestant Ian Paisley pour accepter un partage du pouvoir.

Et même si une minorité refuse toujours de voir les ennemis d’hier gouverner ensemble, la majorité des électeurs semblent désormais plus soucieux du coût de l’eau ou de la flambée des prix de l’immobilier, que des anciennes luttes confessionnelles.

Dès lors, tous les regards convergent vers Ian Paisley, l’intransigeant dirigeant du DUP, qui devrait arriver en tête de ces élections parlementaires. Cela ferait de M. Paisley le prochain Premier ministre du gouvernement régional. Il sera alors appelé à gouverner avec Martin McGuinness, numéro deux de Sinn Féin, et ancien commandant de l’IRA.

Paisley, l’éternel “Monsieur Non” de la politique nord-irlandaise, va-t-il enfin dire oui et partager le pouvoir avec les catholiques ? “Je pense que c’est possible. J’espère que cela va se produire (...) c’est inévitable. La question est de savoir quand et comment”, a déclaré mardi l’ancien sénateur américain George Mitchell, qui avait présidé aux accords de 1998.

“Je pense que les gens le veulent”, a-t-il ajouté. “Ils sont encore divisés, il ont des points de vue différents, mais (...) il est temps maintenant d’entrer dans l’époque de l’après-conflit”, a-t-il déclaré sur la radio irlandaise RTE.

Ian Paisley a lui aussi laissé penser qu’il y était prêt, en réclamant en début de semaine le portefeuille des Finances pour son parti, et insistant sur les garanties économiques qu’il attend de Londres.

Mais il s’est jusqu’à présent refusé à avaliser l’échéance du 26 mars, dont Londres et Dublin affirment qu’elle ne sera pas repoussée.

Car le Premier ministre britannique Tony Blair rêve d’un succès nord-irlandais complet avant son départ cet été, pour faire un peu oublier le désastre irakien.

Faute d’accord d’ici au 26 mars, il a affirmé avec son homologue irlandais Bertie Ahern que l’Assemblée nord-irlandaise issue du vote de mercredi serait dissoute, et que la province resterait administrée par Londres et Dublin pour une durée indéterminée.

Une menace qui n’impressionne pas vraiment les électeurs nord-irlandais, dont 64% pensent que de toute façon, même si le gouvernement est mis en place, le tandem Paisley/McGuinness ne fonctionnera pas.

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