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Quand la coupe déborde

8 mars 2007, 00:00

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“Faudré pas ban minis ou ban députés étonné quand dimoune arrête zot dans simin pou demande zot explications. Parceki zot pe continué pran electeurs pou imbécil. Zot present zist la veille élections”, murmure un septuagénaire à l’oreille d’un de ses voisins assis à côté de lui dans une salle de classe de l’école primaire du gouvernement de La Flora. C’était jeudi dernier aux alentours de 11 h 30. Il se trouvait parmi une vingtaine de parents venus assister une réunion convoquée d’urgence par Pradeep Peetumber, le secrétaire parlementaire privé et député de la circonscription pour parler de graves problèmes d’inondation dans la cour de cette école, occasionnés par le passage du cyclone Gamede et à chaque fois qu’il pleut des cordes.

“Nous sommes là pour des actions concrètes. Pas pour des solutions qui ne se concrétisent jamais”, intervient Sonah Soorajbally, président de l’Association des parents de cette institution scolaire alors que le député Peetamber essayait d’associer les parents à certaines décisions prises par le personnel de l’école, cela en présence d’autres autorités concernées.

Celles-ci ont essayé de trouver des solutions temporaires aux problèmes découlant des inondations.

Les solutions proposées aux parents d’élèves comprenaient la construction d’un barrage autour de l’école pour que l’eau ne pénètre pas dans la cour de l’école, avoir recours au spray pour prévenir la prolifération des moustiques, attendre l’arrivée sur place d’Anil Bachoo, ministre de l’Environnement pour un constat et finalement écourter les vacances scolaires pour rattraper les heures perdues après le passage du cyclone. Cette école est restée fermée pendant deux jours pour cause d’inondation.

Manif à l’école</B>

Vishwanee Moharsing tient un bébé de deux mois, dans ses bras. Elle est venue soutenir des parents d’élèves qui accompagnaient leurs enfants munis de pancartes. Ils étaient venus manifester leur colère dans l’enceinte de l’école. Ils attendaient aussi la fin de la réunion pour connaître les derniers développements concernant les enfants: s’ils allaient retourner en classe et dans quelles conditions. Petite femme énergique, Vishwanee, comme d’autres parents : Mohar, Lucien, Sobha et Naîk, vit à proximité de cette école. Sa maison et sa cour sont sous l’eau. Elle n’en peut plus de ce cauchemar. Elle le dit à haute voix. “Mo finn obligé traverse de l’eau dans la cour pour amène mo ti baba lopital. Eski ban députés ou ban ministres konne ki souffrance nou pe viv depi plusieurs banané”, s’interroge-t-elle, en présence de sa belle-mère Pratima, qui n’a pas sa langue dans sa poche. “Qui promesse zot pe faire dans l’école.” (Elle faisait allusion à la réunion qui se tenait dans une salle de classe animée par le député Peetumber). “Lanné allé lané vini même zaffaire. Zotte nek attane élections pou zot dire sœur, frère pas bliyé vot nou”, dit-elle en mimant les députés.

Babooram Chaken, habite La Flora. Ses deux enfants, six ans et quatre ans, fréquentent cet établissement scolaire. La chose qu’il trouve la plus aberrante et une attitude impardonnable de la part des autorités, c’est la quantité d’eau qui s’accumule à chaque averse devant la classe de la maternelle.

Un peu plus loin, un autre commentaire fuse : “Ki responsable sa l’école la finn faire pou attire l’attention ministère de l’Education” ? s’interroge Dilesh Ragdoo en présence d’un groupe de personnes qui attendent toujours la fin de la réunion.

“Je mets le PSS Peetumbur au défi de résoudre tous ces problèmes. Les autres députés de cette circonscription et lui-même, nous prennent pour des idiots. Il est prisonnier d’une situation parce que la National Development Unit prétend qu’elle n’a pas les moyens de financer des projets à travers l’île”, réplique ironiquement un habitant âgé d’une soixantaine d’années à un jeune qui tente de le ramener à la raison en lui faisant comprendre que tous les projets du gouvernement doivent suivent certaines procédures avant d’être approuvés.

Sobha Juggeernauth, ex-employé de la Corporation nationale de transport, aujourd’hui à la retraite, a comme l’impression que ces inondations causent beaucoup de dégâts aux lieux publics. Les enfants ainsi que leurs parents doivent patauger dans la boue. “Nou finn plein. Nou nepli capave tini”, avertit Pratima, une voisine. Le PPS Peetumber a écouté attentivement les doléances des habitants et des parents d’élèves. Il prend la parole : “Nous avons déployé tous les moyens le même jour allant même jusqu’à faire venir le ministre de l’Environnement, Anil Bachoo et des ingénieurs. Il a fait un constat. Une compagnie privée se trouve actuellement sur place pour pomper l’eau dans la région Nous allons tout mettre en œuvre pour régler ce problème d’inondation qui dure depuis plusieurs années”, dit le PSS.

Sonah Soorajbally, président de l’Association des parents d’élèves est satisfait que les autorités aient pris connaissance et l’ampleur du problème et des difficultés que rencontrent les élèves. “Il faut le reconnaître : il y a un effort qui a été fait.”

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