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Une marée verte envahit les dépotoirs

6 mars 2007, 00:00

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Gamede est parti en laissant derrière lui des tonnes de déchets. Comment s?organise le ramassage des ordures après le cyclone et pourquoi prend-il du temps dans certains endroits ?

Qui dit excès de déchets dit problème de gestion. A la station de transfert de St.-Martin, les camions doivent attendre afin de déverser leur contenu. Gérée par Securiclean, cette station est submergée depuis quelque temps. ?Nous avons un flux de camions plus important depuis quelque temps. Le dépotoir de Sodia, qui se trouve à proximité et est géré par le ministère des Administrations régionales, connaît des difficultés et ne peut plus accepter les déchets verts. Nous acceptons donc depuis peu ces déchets aussi, d?où les files d?attente devant la station?, explique Jimmy Booth, un des responsables de Securiclean. Le ministère des Administrations régionales confirme que les camions circulent difficilement au dépotoir de Sodia suite aux grosses pluies.

Dès lundi dernier, lendemain du retrait de l?alerte IV, une réunion a été organisée par le ministère des Administrations régionales. Il a été décidé de rouvrir les dépotoirs précédemment fermés par ce même ministère. La date butoir fixée pour le nettoyage était vendredi et le secteur privé a été invité à participer à l?opération.

A la rue St.-Michel, à Riche-Terre, la famille de Joseph Florentin attend toujours que les branches et feuilles entassées soient retirées. ?Depi syklon pa enkor pas pran nou bann salete. Pe fer moustik ek ena loder.? A Cité Briquetterie, les habitants sont soulagés de voir arriver les bennes à ordures.

Pourtant, les autorités semblent d?accord pour dire que la situation est sous contrôle. Mirella Chauvin, maire de Beau-Bassin-Rose-Hill explique que le nettoyage a pris du temps mais qu?il est presque achevé. ?On a loué 20 « camions-taxis » en renfort et nous avons sollicité l?aide des employés du département des travaux de la mairie. Nos employés ont travaillé tout le week-end afin de tout nettoyer.?

Ranjeev Woochit du conseil des districts de Pamplemousses-Rivière du Rempart, avoue, quant à lui, que le travail a pris du retard. ?On a eu des difficultés à trouver des camions à louer. Donc nous avons commencé avec les moyens disponibles mais nous avons travaillé ce week-end et nous rattrapons notre retard.? Il précise quand même que les artères principales des villages et certains endroits, comme les écoles, étaient prioritaires.

Dans le Sud, Ramesh Basenoo, président du conseil des districts de Grand-Port-Savanne, explique que grâce à un élan de solidarité exceptionnel, le nettoyage est effectué à 95 %. ?Les hôtels et les établissements sucriers de la région ont aidé de plusieurs façons. Certains nous ont fourni le matériel nécessaire et d?autres nous ont fourni en main-d??uvre.?

Du côté des entreprises chargées du ramassage, on met les bouchées doubles. Raj Essoo, operation manager chez Atics Ltd, affirme qu?un plan de travail a été défini et qu?il n?est pas exact de dire que le travail est plus lent que d?habitude. ?Nous sommes dans une situation particulière. Le cyclone a laissé beaucoup de dégâts, et nous avons mis à disposition tous les moyens nécessaires afin de finir dans les plus brefs délais. Nous avons 15 camions de plus à l??uvre et, à ce jour, pour vous donner un exemple, nous avons effectué 330 voyages entre Mahébourg et Mare-Chicose.?

Pouspam RAMSAMY

Questions à Saranund Bhugun ?operations manager? chez Maxi Clean

● Comment Maxi Clean s?organise pour enlever les ordures ?

Dès que la météo a annoncé l?alerte II, nous avons mis sur pied notre comité de crise. La première décision a été d?annuler les congés de nos employés pour qu?ils se tiennent prêts à nettoyer. Nous sommes descendus sur le terrain dès que les avertissements ont été enlevés pour un constat, surtout en ce qui concerne les déchets verts.

● Avez-vous renforcé votre effectif pour enlever ces déchets ?

Nous avons ajouté 80 véhicules à notre flotte et embauché environ 200 éboueurs additionnels pour effectuer ce travail. Nous employons en ce moment entre 600 et 700 personnes.

● Quelles sont les difficultés rencontrées ?

C?est surtout à l?entrée des dépotoirs que nous constatons un problème. Il y a de longues files d?attente et cela handicape notre travail. Les pluies de ces derniers jours ont rendu le travail difficile. Les terrains sont devenus boueux dans certains endroits. Des gens profitent de l?occasion pour tout jeter hors de leurs murs; comme des feuilles de tôle rouillées.

● Où vont les déchets verts que vous collectez ?

Dans le Nord, nous utilisons l?ancien dépotoir de Poudre-d?Or. Ceux de Port-Louis vont à Roche-Bois, tandis que ceux de Quatre-Bornes vont à Saint-Martin. Priorité est accordée aux déchets ménagers car ils se décomposent vite.

● Quand tout rentrera-t-il dans l?ordre ?

D?ici deux semaines nous allons pouvoir enlever tous les déchets verts dans les endroits où nous opérons.

Propos recueillis par Jean-Denis PERMAL

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