Publicité
Maurice en quête de nouveaux fonds pour l?énergie et les infrastructures
Par
Partager cet article
Maurice en quête de nouveaux fonds pour l?énergie et les infrastructures
Le gouvernement maintient le cap dans sa recherche de fonds pour financer son plan de réformes. Maurice explore de nouvelles opportunités d?aide financière au niveau de l?Union européenne (UE). L?énergie et les infrastructures sont les secteurs pour lesquels le gouvernement entend solliciter de nouveaux instruments de financement en sus des autres enveloppes européennes.
Les fonds d?énergie et des infrastructures de l?UE, destinés aux pays de l?Afrique, Caraïbes et Pacifiques (ACP), intéressent le gouvernement. Le développement de nouvelles capacités de production, qui comprend le rehaussement de nos infrastructures et la production d?énergie, figure en bonne place dans le programme de restructuration économique.
Un montant de 100 millions d?euros est disponible sous forme de subvention aux intérêts. Les ressources sont gérées par la Banque européenne d?investissement (BEI) pour le compte de l?UE. ?Les financements sont accessibles sur une base de premier venu premier servi. Nous comptons présenter quelques projets à la BEI et voir comment nous pouvons en bénéficier?, indique le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen à l?express.
Maurice est déjà éligible aux dons de l?UE dans le cadre des mesures d?accompagnement, pour compenser les pertes de revenus à la suite de la réforme sucrière en Europe, et du fonds disponible sous le Fonds européen de développement (FED). Du reste, l?UE vient de confirmer que Maurice bénéficiera de 127,5 millions d?euros (environ Rs 5,5 milliards) pour la période 2007-2010 sous le 10e FED.
<B>Expliquer le calendrier de réforme</B>
Par ailleurs, le pays bénéficiera d?une assistance supplémentaire de 110 millions d?euros (environ Rs 4,8 milliards) sous les mesures d?accompagnement dont le montant total destiné à Maurice se chiffre à 248 millions d?euros (environ Rs 10,9 milliards) pour la période 2007 à 2013. D?autres montants dont des reliquats sous le 9e FED peuvent venir s?ajouter à ces dons si Maurice progresse dans ses réformes à la satisfaction de Bruxelles.
Les enveloppes promises par les Européens sont suivies de près par les instances de l?UE. Ainsi, le gouvernement doit régulièrement communiquer et expliquer son calendrier de réformes aux responsables européens. Dans cette optique la délégation de la Commission européenne à Maurice a eu une importante réunion vendredi dernier à Port-Louis avec les dirigeants du gouvernement dont le ministre des Finances, Rama Sithanen, le ministre de l?Agro-industrie, Arvin Boolell, et le ministre de l?Energie, Abu Kasenally.
L?énergie était un des principaux sujets à l?agenda. L?UE demande au gouvernement de venir de l?avant avec une politique énergétique à long terme. Maurice devra présenter un plan cohérent de production d?électricité, pour une période allant jusqu?à 2025 au moins, qui met l?accent sur des sources renouvelables.
Pour l?instant, les autorités ont un programme de production d?énergie jusqu?à 2013 et qui tient compte, entre autres, des futurs projets charbon-bagasse de Savannah et de FUEL et de l?initiative de conversion des déchets en énergie de Gamma Civic?Coventa à La Chaumière.
Le nouveau plan du gouvernement devra situer la part des énergies propres telle l?éolienne face à l?option charbon qui n?enthousiasme pas trop les membres de la Commission européenne, compte tenu du potentiel de pollution de cette dernière. Le gouvernement a aussi précisé l?utilisation de ses mesures d?accompagnement.
La moitié des fonds sera consacrée au secteur sucrier (financement du plan de retraite et facilités aux petits planteurs) et l?autre ira dans l?Empowerment Programme et dans le développement des capacités (formation, développement des infrastructures physiques et de télécommunication, entre autres).
A part les assistances de l?UE, Maurice poursuit sa quête en faveur de l?Aid for trade (AFT). ?Nous avons certes un produit intérieur brut par tête d?habitant qui est élevé mais nous sommes toujours vulnérables aux chocs économiques. Nous avons besoin de plus de ressources pour restructurer l?économie tout en maintenant un accompagnement social?, explique Rama Sithanen. Il précise aussi que la priorité actuelle est de traduire le concept de l?AFT en des initiatives concrètes en termes de montants d?aide et des mécanismes de décaissement.
Le gouvernement a chiffré le coût de la réforme économique à 4 milliards d?euros (environ Rs 160 milliards) sur dix ans. Ces ressources seront mobilisées à partir du budget du gouvernement, des investissements privés et étrangers ainsi que des dons et des prêts à des taux bonifiés auprès des partenaires et des institutions de développement internationales.
?Notre capacité à mobiliser les aides dépend de la crédibilité de notre plan de réformes. Dans le cas de l?UE, les aides promises sont à titre indicatif. Le décaissement va dépendre de notre capacité ou pas de satisfaire les indicateurs de performance. L?UE est devenue plus exigeante car l?ancien gouvernement n?avait pas respecté certains engagements?, souligne le grand argentier.
Publicité
Publicité
Les plus récents