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Une année 1981/82 sans?Parlement
Nous pouvons vénérer et même idolâtrer tant qu?on veut Sir Seewoosagur Ramgoolam, le combler même d?épithètes posthumes, les uns plus flatteurs que les autres, nous ne pourrons cependant effacer, de nos annales, le fait que notre Premier ministre d?avant le 11 juin 1982, usant, pour ne pas dire abusant, de ses prérogatives constitutionnelles, fait en sorte que le parlementarisme mauricien doit se mettre en veilleuse pendant toute l?année 1981/92. Plus démocrate que ça, tu meurs !
Les faits sont là, incontestables. Notre Assemblée législative ne se réunit pas entre le 16 juin 1981 et la fin de juin 1982. Cette année de vacances parlementaires forcées, attestée, bien sûr, par la collection du ?Hansard ? si elle existe toujours, contraste avec les dispositions prises précédemment par SSR lui-même ou encore par ses successeurs.
En effet, en 1967, il se passe seulement deux mois sans Parlement, entre la dernière séance du 20 juin 1967 pour les élus du 23 octobre 1963 et la première séance, le 22 août 1967, des élus de la Saint-Gaëtan (7 août) de cette année. La même chose se répète en 1976. Les élus de 1967, dont les trois quarts se sont octroyés généreusement un second mandat parlementaire, grâce aux grands démocrates, que sont, devant l?Eternel, Sir Seewoosagur Ramgoolam et Sir Gaëtan Duval, se réunissent pour la dernière fois (enfin !) le 21 octobre 1976. Leurs successeurs, les élus du 20 décembre 1976, dont trente nouveaux députés mauves mais novices, se réunissent dans l?euphorie la plus totale, le 28 décembre 1976.
A la mi-juin 1983, le nouveau Premier ministre, Sir Anerood Jugnauth, dissout le Parlement et fixe, quelques jours après, les élections législatives au 20 août de cette année. Une nouvelle Assemblée législative, dominée par une majorité bleu-blanc-rouge, se réunit à la fin d?août et prend connaissance du discours du Trône au début de septembre. Durée des vacances parlementaires : un mois et demi.
En 1987, au milieu d?une année mouvementée (publication, mi-février, des ?writs? pour une partielle au n° 13 ; Jugnauth annonçant que les législatives sont proches parski pas capave sièze ek trafiquants la drogue? ; Sir Maurice Rault rédige un rapport accablant de 200 pages sur la drogue, fin février ; Duval soumet sa démission au gouverneur général quand Raffick Peerbaccus remet une lettre au commissaire français Thirel ; Jugnauth demande à Ringadoo de ne pas accepter la démission de Duval car li trop malin pou faire la drogue ; révocation du ministre Bundhun à la mi-mai ; fin des travaux de la Commission Rault sur la drogue, début juin). Sir Anerood Jugnauth annonce la dissolution de l?Assemblée, le 30 juin 1987, et fixe les législatives au 30 août suivant, avec un ?Nomination Day?, le 12 juillet. Vacances parlementaires : deux mois et demi.
En 1991, Jugnauth fait encore mieux. Il dissout le Parlement au début d?août et fixe les législatives au 15 septembre, élections suivies des municipales (pas contestées par l?alliance PTr/PMSD) le 27 octobre. Vacances parlementaires : un mois trois quarts.
En 1995 (l?année de la dénonciation aéroportuaire de démons chrétiens et de batté bef), l?actualité de fin d?année est dominée par la question de l?inclusion des langues orientales au CPE. L?imbroglio est tel que le PM dissout l?Assemblée législative à la mi-novembre et fixe le dépôt des candidatures au 4 décembre. A la fermeture des bureaux de vote, Jugnauth concède la défaite : ?Ce sera un nouveau 60-0 en faveur du PTr/MMM?. Vacances parlementaires : un mois et demi.
En 2000, Navin Ramgoolam, fort de deux victoires à des élections partielles (Faugoo, le 5 avril 1998, au n° 9, et Xavier Duval, le 19 septembre 1999, au n° 20), mais devant assumer les séquelles des émeutes Kaya et la confusion engendrée par une éventuelle partielle au n° 10, espère surprendre une opposition MMM/MSM désunie et désorganisée, en dissolvant soudainement l?Assemblée, le 10 août, et en fixant les élections législatives le 11 septembre suivant. Elles lui seront fatales car c?était sans compter avec l?accord à l?israélienne de Med Point qui sauve le tandem Jugnauth/Bérenger. Vacances parlementaires : un mois et demi.
En 2005, aussi, les élections générales se préparent sur fond d?urgence, créé par la nécessité de tenir une élection partielle pour désigner un remplaçant au démissionnaire Siddick Chady au n° 3, et de démission ministérielle (Anil Bachoo). Paul Bérenger dissout, le 24 avril, une Assemblée s?étant réunie 186 fois, ayant voté 215 projets de loi et répondu à 4 500 interpellations dont 131 PNQ. Cela n?empêchera pas la victoire travailliste du 5 juillet 2005. Vacances parlementaires : 3 mois. Mais nous sommes encore bien loin de l?année 1981/82 sans Parlement de SSR. Un record qui ne sera jamais amélioré. Espérons-le. Et dire que la Constitution de 1965 stipule que des législatives doivent avoir lieu au plus tard trois mois après la dissolution du Parlement...
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