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Le “SIE Amendment Bill” adopté
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Le “SIE Amendment Bill” adopté
Ils ont débattu jusqu’à trois heures du matin, mercredi. Mais malgré tous les divergences et désaccords, le Sugar Industry Efficiency Amendment Bill a été adopté avec amendements à la fin d’une séance parlementaire longue de presque 16 heures. A noter que les amendements proposés par l’opposition ont été rejetés.
L’opposition a reproché au gouvernement de seulement continuer, à quelques exceptions près, la reforme de l’industrie sucrière qu’avait commencée l’ancien régime. La majorité a dû répondre, mardi, à la critique de l’opposition d’avoir délaissé ses arguments de campagne électorale pour aujourd’hui privilégier les “barons du sucre” au détriment des petits planteurs et des laboureurs.
Que ce soient les intervenants du Mouvement socialiste militant (MSM) ou ceux du Mouvement militant mauricien (MMM), ils ont axé leurs interventions sur le fait que l’opposition d’alors ne faisait que de la démagogie en dénonçant le Voluntary Retirement Scheme (VRS) et en accusant l’ancien gouvernement MMM-MSM de protéger l’oligarchie sucrière. Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a répliqué qu’il n’était jamais contre le principe de VRS mais qu’il objectait, quand il était dans l’opposition, à la manière de faire de l’ancien gouvernement.
Qui paie les pots cassés ?
Mais au-delà de ces accusations politiques, l’opposition et la majorité sont d’accord sur la nécessité pour l’industrie sucrière de réduire ses coûts de production.
Faut-il nécessairement que ces soient les travailleurs de l’industrie qui paient les pots cassés de la réduction des coûts ? Pas forcément, dit Nita Deerpalsing. Le Premier ministre rappelle que c’est aussi grâce à beaucoup des employés de l’industrie sucrière et petits planteurs que “nous sommes aujourd’hui dans cette chambre”. Il fait ressortir que sous son gouvernement, le package pour les employés agréant au VRS II sera plus attrayant. Ces personnes seront accompagnées dans leur préretraite et n’auront pas à attendre trois ans avant d’avoir leurs lopins de terre, comme sous le VRS I. Il ajoute que si 15 mois après avoir eu leurs terres, les infrastructures ne sont pas prêtes, le promoteur devra payer une amende.
“L’histoire est sans pitié”
Répondant aux critiques de l’opposition disant que son gouvernement privilégie les “barons sucriers”au détriment des travailleurs de l’industrie et des petits planteurs, Navin Ramgoolam assure que toutes les parties prenantes dans l’industrie seront traitées équitablement. “Nous devons nous assurer que les partenaires vulnérables ont un traitement juste et équitable. L’Union européenne comprend sur quelle base nous avons été élus. Elle sait que nous n’accepterons pas que le pouvoir économique soit concentré entre les mains d’une minorité.” Il ajoute que “la démocratisation et la reforme peuvent aller de pair”.
Pour Paul Bérenger, leader du MMM, la position du gouvernement est en fait son mea culpa après “la campagne démagogique et raciste alors que l’Alliance sociale était dans l’opposition. L’histoire est sans pitié”. Pour lui, les éléments du VRS, introduits par son gouvernement “sont restés les mêmes”. Le leader du MMM déplore également l’absence d’une politique énergétique clairement définie dans la loi – une des conditions de l’Union européenne (UE) pour qu’elle débourse les fonds pour les mesures d’accompagnement destinés à Maurice.
“Il ne faut pas prendre l’UE pour une idiote”, a-t-il affirmé en précisant que “énergie” ne veut pas dire seulement “éthanol”.
Rama Sithanen, ministre des Finances, met, lui, l’accent sur le besoin de balancer les choses. “L’industrie sucrière est une chaîne et si un maillon ne marche pas, la chaîne est affectée.” En ce qui concerne les critiques d’absence de politique énergétique définie, il les qualifie “d’injustes”. Il explique que le but de ce projet de loi est “la réduction des coûts et l’aspect pro-pauvres de la reforme”. Il y a, dit-il, une politique énergétique qui n’est pas contenue dans les amendements présentés.
Maya Hanoomanjee, du MSM, s’élève – comme Nita Deerpalsing – contre l’injection de 69 millions d’euros venant de l’UE pour aider l’industrie sucrière à payer les compensations aux travailleurs. Elle accuse aussi le gouvernement d’avoir dévalué expressément la roupie pour aider les “barons”. Ce à quoi le ministre des Finances répond : “La monnaie reflète l’économie d’un pays. Et nous avons hérité d’une économie catastrophique.”
Ashock Jugnauth, de l’Union nationale, est, lui, d’avis qu’il y a quelque chose de fondamentalement mauvais dans ces amendements, “parce qu’aucune des parties prenantes n’est satisfaite”.
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