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Enfin décidé : des éléctions législatives le 11 juin

1 mars 2007, 00:00

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Comme il fallait s’y attendre, le Premier ministre, Sir Seewoosagur Ramgoolam, temporise jusqu’à la toute dernière minute, que lui accorde notre législation électorale, pour indiquer à son fidèle et dévoué bras droit, le gouverneur général, Sir Dayendranath Burrenchobay, la date choisie par lui pour le dépôt des candidatures et celle, au besoin, des élections législatives. Celles-ci sont respectivement le 30 avril et le 11 juin 1982. Alea jacta est. Notre chacha national franchit enfin mais bien malgré lui le Rubicon, pouvant marquer la fin de son règne politique, commencé, selon certains, au début des années 1960 et, selon d’autres, une décennie plus tôt.

Visiblement Sir Seewoosagur opte pour une très longue campagne électorale de quatre mois. Fait-il une bonne affaire ? La suite et surtout les résultats électoraux prouveront que non car ils se solderont par l’impensable premier 60-0 de notre histoire politique et peut-être même du monde, preuve s’il s’en faut de l’extrême imperfection de notre système électoral car, par la suite, ce résultat hyper généreux, car privilégiant indûment un gouvernement fort aux dépens d’une opposition squelettique, sera plus ou moins obtenu à trois autres reprises : 1991 (57-3), 1995 (re-60-0), 2000 (53-7). Ces scores sans appel donnent trop aisément une majorité parlementaire des trois quarts de voix à un bloc politique, lui permettant de modifier notre Constitution sans consultation préalable et consensuelle avec l’opposition parlementaire.

Pendant longtemps, on a cru que le meilleur moment pour tenir des élections législatives, était le mois d’août. La raison, mise en avant, pour justifier cela c’est que la période de la coupe des cannes correspond à une certaine amélioration de la situation financière des employés de l’industrie sucrière, tant les artisans d’usine que les travailleurs agricoles dans les champs de canne, en termes de rémunération à la tâche plus alléchante ou encore de paiement d’heures supplémentaires. Ces salaires améliorés rejaillissent indirectement et favorablement sur l’économie de nos différents villages et sur la situation financière des ménages. Ainsi les kermesses paroissiales se tenaient traditionnellement dans les régions rurales, de la mi-juillet à la mi-septembre. Les législatives ont lieu, en tout cas, en août, en 1948, 53 et 67. Cet argument semble avoir perdu depuis son acuité. Passons sur les législatives du 9 mars 1959 et du 23 octobre 1963 qui se font sous contrôle colonial et qui sont quelque peu affectées par des contraintes de calendrier, dues à la mise en place du suffrage universel (1958) et des conférences constitutionnelles à Londres (1963). En 1976, SSR fixe les élections en décembre parce que son PTr n’est peut-être pas prêt en août, en dépit du succès de l’organisation du sommet de l’OUA, au MGI, en juin-juillet de cette année. Il est vrai qu’Indira Gandhi et Lord Mountbatten, dernier vice-Roy des Indes, ne peuvent venir à Maurice, cette année-là, qu’en octobre. SSR devra consentir à une coalition avec celui qu’il a bouté hors de son gouvernement en décembre 1973, le mangeur de... Gaëtan Duval, pour empêcher que le MMM, “communiste et marxiste” ne s’empare pas alors du pouvoir en 1976. Une décision regrettable, confessera-t-il à la presse est-africaine en 1977.

Depuis, Jugnauth respecte la tradition des élections hivernales (en août-septembre) en 1983, 87 et en 1991 et elles lui sourient. Il les fixe curieusement en décembre 1995 et elles lui valent ène batté bef. Navin Ramgoolam offre sur un plateau, à Jugnauth, des élections le 11 septembre 2000 et elles lui sourient de nouveau. Bérenger opte pour la date du 5 juillet 2005 (un peu tôt pour l’hiver propice) et doit céder son fauteuil de Premier ministre à son invité au dîner de River Walk, Navin Ramgoolam. Ce dernier ratant de peu une majorité des trois quarts de voix.

Sir Seewoosagur espère-t-il, en février 1982, avoir à l’usure un MMM-PSM sur le pied de guerre depuis 1981 sinon avant et à qui il ne manque pas un bouton de guêtre dans toute sa panoplie, accessoires et préparatifs pré-électoraux ? Le fait est que le PTr comptera toujours plusieurs longueurs de retard sur le MMM-PSM, pendant cette longue campagne électorale de 1982, retards que nous aurons le loisir d’évoquer en cette année 2007 de leur 25e anniversaire.

La presse, des jours précédents le mois de mars 1982, rappelle que la proclamation (obligatoire) des dates des législatives et du dépôt des candidatures vient mettre fin à un suspense long d’un bon semestre. Sir Seewoosagur peut se glorifier de ses prérogatives de Premier ministre pour décider motu proprio la date du prochain rendez-vous avec l’électorat mauricien. On ne peut plus pourtant parler de prérogatives quand on attend ainsi l’extrême limite du délai accordé par la loi. Il conviendrait de mieux parler, ici, d’une urgence en forme de lame de couteaux sur la carotide. Alea jacta est ! Que les meilleurs l’emportent. En 1982, comme en tout temps.

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