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Le reclassement passe par la formation

1 mars 2007, 00:00

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La remise en question du protocole sucre avec pour conséquence directe la baisse de 36 % du prix, qui est aussi synonyme de perte d’emplois, a fait réagir la Société usinière du Sud (SUDS).

La direction de SUDS a soumis le 13 octobre de l’année dernière des demandes au ministère de l’Agro-industrie pour la fermeture de deux établissements qui font partie de ses activités usinières. La première concerne l’établissement Mon- Trésor-Mon-Désert et l’autre Riche-en-Eau.

“Nous sommes dans l’attente d’une réponse”, déclare Mario Radegonde, le directeur des ressources humaines de SUDS. “Mais nous n’avons pas attendu octobre, l’échéance du protocole sucre, pour mettre en place un plan de formation pour aider les employés de ces deux établissements sucriers à réussir leur réinsertion professionnelle. Nous l’avons fait bien avant”, poursuit-il.

Ce plan consiste à offrir gratuitement une formation aux employés concernés par ces fermetures en sus du training grant préconisé par le blueprint.

Quelque 260 inscriptions pour la formation totalisant plus de Rs 1,3 million ont été faites au niveau de Mon-Trésor-Mon-Désert et Riche-en Eau et 70 certificats ont été délivrés à ce jour.

Ces cours ont été dispensées par les différents centres de l’Industrial Vocational Training Board (IVTB).

“Nous sommes conscients de notre responsabilité sociale à l’égard des employés qui seront touchés par la fermeture”, explique Mario Radegonde.

Le choix des employés s’est porté sur divers sujets : l’informatique, le jardinage, l’hôtellerie, la mécanique, la conduite de voiture, d’autobus et de poids-lourds, l’électricité domestique et industrielle, la maintenance, plomberie, réfrigération et l’automatisation.

Raj Kumar Ramanah, employé sur la sucrerie de Riche-en- Eau, habitant New-Grove depuis l’âge de 18 ans, a bénéficié de deux cours grâce à ce plan de formation. Le premier pour la conduite des poids-lourds, voiture et autobus à l’IVTB à 16e Mille et l’autre sur la Food Basic Production à Ebène. “Je suis heureux d’avoir pu suivre ces cours, celui de l’alimentation surtout étant donné que le secteur touristique est en pleine expansion à Maurice”, dit-il.

Cet échantillonneur de 29 ans pense pouvoir se mettre un jour à son propre compte en ouvrant un restaurant dans la région. “Je ne crois pas pouvoir le faire pour le moment faute de fonds. Je verrai plus tard.”

Raj Kumar regrette que, dans le passé, beaucoup d’employés, les plus âgés, n’ont pas eu la chance de suivre une formation car certains d’entre eux ont le potentiel et des aptitudes pour d’autres métiers, pas nécessairement dans le domaine qu’ils pratiquaient. “Je les comprends aussi. Ils ont bien travaillé et ont contribué au développement du pays.”

Dans un discours de circonstance pour la remise des certificats aux employés, Jacques D’Unienville, Chief Executive Officer de SUDS explique : “Ce plan de formation s’inscrit directement dans la ligne directrice de la politique sociale de notre entreprise et démontre notre souci et notre volonté de maintenir une dimension humaine à ce processus de restructuration enclenchée. Nous croyons fermement que ces diverses formations reçues seront comme une fenêtre ouverte sur le nouvel avenir qui se dessine.”

La SUDS a été formée en 2002 afin de regrouper les activités usinières des cinq sucreries du Sud de l’île, Britannia, Mon-Trésor-Mon-Désert, Riche-en-Eau, Savannah et Union-St Aubin.

Selon la direction, la création de cette nouvelle société a permis de diminuer les coûts de production par le biais d’un management commun et de capitaliser sur les excédents de capacité de broyage inutilisés par les sucreries individuelles. Dès 2003, la sucrerie de Britannia a cessé ses activités et ses cannes ont été transférées aux quatre unités restantes sans aucun investissement additionnel.

RICHE-EN-EAU

<B>Les derniers moulins hydrauliques</B>

■ Une des caractéristiques de Riche-en Eau est qu’elle fut la dernière à avoir des moulins hydrauliques et ce jusqu’en 1931. A l’époque de l’installation des chemins de fer à Maurice, une ligne mesurant cinq milles de long fut construite pour relier Riche-en- Eau à Beau-Vallon. Cette ligne menait à la station de Mahébourg. Pendant plus d’un siècle il n’y eut pas de centralisation à proprement parler sur REE . Cependant, les fermetures des sucreries d’Astroea vers 1950, de St.-Hubert en 1921 et de Valona en 1943 favorisèrent le développement de REE. A la suite de la fermeture de Beau-Vallon en 1958, la production de REE, qui était autour de 13 000 tonnes, fut pratiquement doublée. Si une partie de Le Vallon (282 arpents) fut achetée en 1944 et une autre de 907 arpents (Ste.-Madeleine) en 1948, l’acquisition de la plus grosse partie de cette propriété par Rose-Belle en 1960 priva REE d’environ 15 000 tonnes de cannes. En 1968, le Chemin Français et Astroea furent achetés et St.-Hubert en 1970. La fermeture de Ferney en 1969 et l’acquisition d’Anse-Jonchée l’année suivante apportèrent environ 30 % de cannes manipulées par cette première usine à Riche-en-Eau.

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