Publicité
?Les salariés du sucre obtiennent des compensations très généreuses?
Par
Partager cet article
?Les salariés du sucre obtiennent des compensations très généreuses?
● L?Assemblée nationale devait examiner vendredi les amendements au ?Sugar Industry Efficiency (SIE) Act?. Le texte de loi répond-il aux attentes des producteurs ?
Il y a deux modifications majeures par rapport à la première ébauche qui a circulé l?an dernier. On a enlevé la définition du cluster de la canne qui comprend la production d?énergie dont l?éthanol. La provision concernant l?emploi des effectifs saisonniers par les sociétés sucrières a aussi disparu.
La décision d?enlever la partie sur le cluster de la canne dans le projet de loi crée un vide en ce qui concerne la mise en ?uvre des ?flexi-factories? telle que c?est prévu dans le Multi Annual Adaptation Strategy Action Plan. Nous trouvons aussi dommage que la question de l?emploi saisonnier n?ait pas été retenue. Le recours à la main-d??uvre saisonnière est sérieusement compromis dans les conditions actuelles.
● Quels sont les aspects du système que vous décriez ?
La loi actuelle contient une clause qui limite l?emploi des travailleurs saisonniers à 20 % de la main-d??uvre permanente dans une année donnée. C?est un système irrationnel, unique à l?industrie sucrière. Cependant, nous devons faire avec.
Mais même l?interprétation de cette clause prête à confusion. Nous demandons que la limite de 20 % soit appliquée sur le nombre d?employés qui étaient en poste en 2001, avant l?application du plan de retraite volontaire.
Avec l?introduction du deuxième programme du voluntary retirement scheme (VRS), nous estimons que le nombre d?ouvriers permanents passera de 11 000 à 6 000. Les producteurs ne pourront pas recruter plus 1 200 personnes sur une base temporaire. On ne réalise pas qu?on est en train de priver les futurs retraités du VRS 2 d?une opportunité de trouver un emploi pendant quelques mois de l?année.
Cette limite à l?emploi saisonnier n?a aucune justification à un moment où le pays s?engage dans des réformes des lois du travail. Il faut au contraire encourager la flexibilité. Nos compétiteurs tels l?Australie et le Brésil ont recours à la main-d??uvre saisonnière et sont plus compétitifs que nous.
S?il n?y a aucun changement à ce niveau, les sociétés sucrières n?auront d?autres choix que d?accélérer la mécanisation. Cela se fera au détriment de l?emploi.
● Quelle est la part de l?industrie sucrière dans le financement des coûts sociaux de la réforme ?
Les coûts sociaux en termes de compensation (financière et de l?octroi des terres résidentielles) aux retraités peuvent aller jusqu?à Rs 5 milliards dépendant du nombre de personnes qui opteront pour la retraite. Les mesures d?accompagnement de l?Union européenne (UE) financeront 75 % du coût de la compensation sous le Blue Print et 70 % du VRS 2. La différence devra être trouvée par les sociétés.
Les salariés du sucre obtiennent des compensations très généreuses. Ces bénéfices sont sept à dix fois supérieurs à ceux en vigueur dans d?autres secteurs d?activité.
Les sociétés sucrières n?ont finalement rien obtenu avec les mesures d?accompagnement, sauf un apport pour payer le coût social de la réforme. L?idée première de ces mesures est d?en faire bénéficier les producteurs. C?est d?ailleurs le cas dans plusieurs pays qui sont affectés par la réforme sucrière en Europe. Or, à Maurice, les producteurs ne pourront pas accéder à ces fonds pour financer leurs projets de diversification, dont l?énergie.
Propos recueillis par Akilesh ROOPUN
Publicité
Publicité
Les plus récents