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Salon d?été, saison de la variété
Salon d?été. Un pendant du Salon de mai ? Honni soit qui mal y pense. Thivy Naiken, directeur de la National Art Gallery (NAG) réfute tout esprit de compétition. Ouvrant les portes de cette toute nouvelle manifestation à une palette variée de courants, il fait au contraire la promotion de ?l?esprit de Salon?. Réunion d?un groupe d?artistes, ?aussi bien des noms connus que des jeunes?.
Vitrine des plasticiens locaux, le Salon d?été s?est ouvert à la galerie SSR à Quatre-Bornes. Une manifestation visible jusqu?au 5 mars. En tout, soixante artistes présentant une ?uvre chacun. De la photo (numérique ou analogique), à la sculpture, le Salon d?été donne à voir.
Vision balisée par des constantes, des parallèles. Des figures incontournables, voire cent fois ressassées. Il se trouve toujours un pinceau, un ?il, une sensibilité pour s?y coller.
Une flopée d?oeuvres
Courage. Il en faut pour digérer 60 ?uvres à la volée. Critère imposé par la NAG : ces ?uvres ne doivent pas dater de plus de deux ans. Alors, prendre son temps. Repérer du premier coup d??il la patte de Said Hosanee. Ses couleurs fluo se détachent du mur.
Avant de plonger dans les grands thèmes. Distinguer les artistes en deux catégories. Ceux qui vont chercher l?émotion au tréfonds d?eux-mêmes. Inspirés par leur vécu, leurs sentiments. Et puis il y a les autres. Ceux qui se rassasient du monde extérieur.
Classé par exemple Nirveda Alleck et son irréel The morphology of two wasted years. établir des ponts chancelants avec le Rêve et émotion, tout en sable et morceaux de verre de Jean Yves L?Onflé. Les placer en opposition avec le groupe des ?anciens?, ces paysagistes qui durent. Devenus avec le temps qui passe, des incontournables de ce type de manifestations : Yves David, Roger Charoux pour ne citer qu?eux. Nous promenant du Morne de Salines Pitot à un simple mais parlant Landscape. Anna Lan préférant donner toute la place à un Arbre jaune alors que Siddick Nuckcheddy se prend au jeu des n?uds des Mangliers de Bras- d?Eau.
Diversité de la nature. Flore tropicale qui ne cesse d?attirer. Notamment les photographes. Si Gilbert Pernet tente d?enserrer Le baobab, Steeve Dubois cerne L?oiseau du paradis. En fait un gros plan, transformant la fleur en arbre.
Fleur, en poésie souvent image jolie pour femme aimée. La femme. Mythologique comme à la naissance de Venus croquée par Salim Khodabaccus, brillante étoile comme la Venus au crépuscule de Pauline Le Juge de Segrais. Eclairant une Indian woman tout en pointillé de Nathalie Perrichon. Qu?elles soient Lavandières comme chez Yeshen Gunnoo ou conviées à un Dance Festival par Kalindi Jundoosing, la femme au travail, à la fête ou au repos est un motif récurrent de la plastique mauricienne.
La salle d?exposition de Quatre-Bornes offre l?avantage d?espace. Permettant au regardeur de prendre du recul, de n?être pas obligé d?avancer le nez collé à ces produits finis.
Que le Salon d?été ne s?installe pas dans un train-train trop quotidien. Que les ?uvres se côtoient sans que les artistes ne se rencontrent. Car à quoi cela servirait-il d?accrocher des ?uvres côte à côte si leurs concepteurs n?ont aucun ? ou si peu ? de contacts entre eux. Qu?ils ne font pas salon, n?échangent que des formules polies sur l?art lors d?un vernissage, sans vraiment aborder les manières de le concevoir, de le réaliser. Pour enfin sortir des lieux communs. Pour qu?émerge un art mauricien. Loin des thèmes cent fois ressassés, loin des écoles, des clans, des clivages.
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