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Crise de confiance

25 février 2007, 00:00

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Entre jeudi dernier et ce vendredi, le secteur privé a vécu un psychodrame. Réagissant en fin de semaine dernière, le Président du "Joint Economic Council ", Jacques de Navacelle, a trouvé qu?une démission de Rama Sithanen serait une « catastrophe nationale ». Le Semdex a lourdement chuté de 8,7 % le jour même. Et ne s?est pas rétabli les jours suivants. Alors que ce principal indice boursier obéissait à une tendance haussière depuis des semaines déjà. Mais est-ce seulement normal qu?un pan de l?économie soit ainsi suspendu à l?annonce d?un éventuel départ du ministre des Finances ?

Après tout, ce n?est qu?un ministre ! Notre République obéit au principe de continuité de l?action de l?État. Les décideurs économiques auraient dû, en temps normal, faire preuve d?un peu d?attentisme. Patienter jusqu?à la nomination d?un nouveau ministre ou jusqu?à ce que l?actuel reprenne sa lettre de démission. En ne cédant pas à la panique, à l?idée qu?une autre personne reprenne les Finances.

Mais le privé a été tout sauf calme durant la semaine écoulée. La crainte était telle qu?à un moment, on a suggéré à certains pontes du privé de ne plus trop crier leur soutien à Sithanen. Afin de ne pas accentuer l?image « pro-secteur privé » du grand argentier. Une « tare » que lui reprochent certains collègues députés et ministres.

En somme, « Mauritius Inc » s?est retrouvée au même endroit où elle était fin 2005. En rupture de communication avec l?hôtel du gouvernement. Incapable de connaître quelle politique économique sera en place dans les mois à venir avec le probable départ de Sithanen. Et avec le sentiment, une fois encore, que le gouvernement « finn sorti pour li ».

Comment ne pas comprendre l?état d?esprit ambiant ! Avec cette lettre de Nita Deerpalsing (portant sur la réforme du secteur sucre et adressée au ministre de l?Agro-industrie, Arvin Boolell) circulant parmi les dirigeants du privé. La députée, y précise qu?elle est « chargée par le Premier ministre de surveiller l?application du programme gouvernemental » et descend en flèche une certaine « élite économique établie ».

Dans sa lettre, la députée dénonce, avec raison, certains éléments de la réforme sucre. Il est en effet aberrant, par exemple, qu?on permette aux sucriers d?établir des centrales thermiques tournant à la bagasse et? au charbon. Combustible polluant s?il en est ! Ou encore de fragiliser du jour au lendemain l?avenir de la seule entreprise locale qui a cru en la production d?éthanol avant les autres.

Mais dans l?ensemble, le ton de la lettre est bien trop agressif pour qu?on n?y voit pas, avant tout, des piques motivées par un certain esprit revanchard plutôt que des arguments procédant du bon sens. Le secteur privé a donc cru déceler, dans cette lettre, un retour aux réflexes ataviques du Parti travailliste. Dont les dignes représentants promettaient au petit peuple, en 2005, d?arracher le pouvoir à « bann la » pour « nous » le rendre.

Le secteur privé a eu une frousse bleue pendant une semaine parce que ses représentants ont compris que ni Boolell, et encore moins Xavier Duval, n?allaient reprendre le flambeau aux Finances. Et en l?absence de ceux qui « font la balance » comme nous le disait récemment une personnalité respectée de « Mauritius Inc », Tim Taylor? aucun espoir n?était permis !

Mais la crise a été désamorcée. Sithanen reste. L?épreuve nous a cependant indiqué à quel point le secteur privé, celui qui créé les richesses ensuite redistribuées dans le pays, manque de confiance dans le gouvernement et le Conseil des ministres. Ramgoolam gagnerait à s?en rendre compte. En se demandant si, dans la foulée de l?opération « sauvez le soldat Rama », il lui serait utile de procéder à un remaniement ministériel pour consolider l?équipe réformiste de son cabinet, pour l?instant constituée que de Sithanen, Duval, Boolell et lui-même. Ce serait un épilogue très souhaitable à cette crise désamorcée in extremis !

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