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Elle meurt après une liposuccion

24 février 2007, 00:00

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Après l?échec de son mariage, Ayesha Bibi Budia Molika, une jeune femme de 22 ans, se lance dans une guerre aux kilos superflus. Elle s?impose un régime alimentaire sévère, s?adonne à de longues heures de sport quotidien, mais ne trouve pas satisfaction. Elle décide d?avoir recours à la chirurgie esthétique. Mais la liposuccion vire au drame. Ayesha meurt, après plusieurs jours de coma. Ses proches évoquent une négligence médicale. L?hôpital a ouvert une enquête sur les circonstances de ce décès et le ministère de la Santé en attend les conclusions.

Ses parents lui avaient, à maintes reprises, déconseillé cette opération. « Nu dir li ki li zoli koumsa, ki to pe al fer?», se remémorent-ils. Mais depuis qu?elle a vu cette annonce dans les journaux, Ayesha était déterminée à prendre les risques que comportait une intervention chirurgicale. « C?était son désir » raconte son père, Abdool Raman Budia Molika, imam de la mosquée cademmee à Vale. Ce père arrive à peine à contenir ses larmes. Les dernières paroles de sa fille résonnent toujours dans sa tête : « Papa excuse moi, I love you ».

<B>?Une silhouette de rêve?</B>

Tout a commencé avec ce régime qu?elle s?était imposé, raconte ses parents. Elle évitait systématiquement tout ce qui était matière grasse, se contentant parfois de biscuits et d?un verre de lait. Les produits qu?elle consommait étaient tous diététiques. Puis, il y a eu les longues heures d?exercices physiques qu?elle pratiquait en s?enfermant dans une des pièces de la maison. Elle avait adopté ce train de vie et sortait très rarement, disent encore ses parents.

Jusqu?au jour où elle a vu cette annonce dans la presse. Elle était persuadée qu?elle allait être enfin délivrée des kilos qu?elle considérait superflus. Une première consultation avec le chirurgien a lieu le 18 novembre 2006. Celui-ci, raconte les proches d?Ayesha, l?aurait convaincue qu?après l?opération, elle allait avoir une « silhouette de rêve ».

<B>?La peau sur les os?

Après des examens médicaux, elle est admise à la clinique du Nord le 26 novembre. Elle était déjà sur la table d?opération que ses proches lui ont encore demandé, une dernière fois, d?abandonner la liposuccion. Mais c?était trop tard, Ayesha portait déjà son bonnet chirurgical. Vers 9 heures, les proches reçoivent un appel de la clinique. Il leur est demandé de s?y rendre pour prendre un document qui leur permettrait de récupérer deux pintes de sang à l?hôpital Victoria à Candos. Ils sont déjà en route pour la clinique lorsqu?ils sont informés qu?il n?y a plus lieu de continuer.

Quelques heures plus tard, Ayesha est transférée aux soins intensifs de l?hôpital Victoria à Candos. Pendant les visites qu?ils lui rendent, ses proches remarquent qu?elle n?avait plus que « la peau sur les os ». Les préposés de l?hôpital, racontent-ils, appliquaient des glaçons sur certaines parties de son corps. «Li ti pe rod chewing gum e ti ena mark koupe lor so vent e so lazam», disent-ils.

Ayesha peinait à parler correctement, se souviennent les proches, hurlait souvent et fixait constamment le plafond de l?hôpital. En interrogeant le personnel médical, disent-ils, il leur a été répondu qu?elle a subi une thrombose pulmonaire avec une infection virale. Elle succombera finalement à une septicémie (Infection générale due à une pullulation de bactéries pathogènes dans le sang).

Les proches d?Ayesha affirment que le chirurgien aurait dû déceler ces complications avant l?opération et n?aurait pas dû pratiquer cette intervention. Le Regional Health Director (RHD) de l?hôpital Victoria a ordonné une enquête à la suite d?une lettre des avocats de la famille Budia Molika. Mes Jenny Mootealloo et Panzany Rangasamy envisagent, à la demande de leurs clients, d?engager une action légale. Dans l?immédiat, le ministère de la Santé attend le rapport du RHD avant de décider de la marche à suivre.n

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