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Tout dans un «aussi»

24 février 2007, 00:00

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<B>Par Nazim ESOOF</B>

De crises politiques. Il y en a eu et il y aura d?autres. Mais celle qui vient de secouer le gouvernement est, malgré un contexte socio-économique quasi inextricable, proche du tragi-comique. On est dans la basse époque de la politique. Navin Ramgoolam a certes gagné du temps mais Rama Sithanen a perdu en crédibilité. Tôt ou tard, le pays en paiera le prix.

Le ver est, selon toute vraisemblance, dans le fruit surtout lorsque, évoquant le différend Sithanen-Bheenick, le Premier ministre ne se limite pas seulement à une tentative de dédramatisation mais prend le risque de faire référence à Bheenick comme «l?autre personne (qui) est aussi une personne compétente». On n?a pas besoin d?être linguiste pour relever cette emphase politicienne dans le «aussi» de Ramgoolam. Le message est clair. Rama Sithanen est un pion important mais pas indispensable. Cela fait surtout ressortir toute la muflerie du comportement politique de Sithanen depuis qu?il a remis sa lettre de démission.

L?opinion publique se croyait rompue à toutes les ruptures et réconciliations mais Rama Sithanen vient aujourd?hui de rajouter un nouveau chapitre à ce kaléidoscope du ridicule politique. Il sait désormais qu?il y a des personnes «aussi» compétentes que lui autour de son leader. Il est vrai qu?il a obtenu le soutien de ce dernier mais il pourra difficilement convaincre que le prochain jet de vinaigre ne ravivra pas les rancoeurs.

Car Navin Ramgoolam n?a pas joué au ravaudeur. Il n?a pas colmaté les brèches. Aux yeux de l?opinion, il a fait preuve de sagesse en retenant son ministre des Finances sans pour autant revenir sur sa posture et ses décisions ultérieures. Stratégiquement, il a repoussé une crise qui est survenue à un moment précoce selon ses plans. 2007 n?est pas le temps des remaniements. Politiquement, il sort renforcé de cette épreuve.

Ramgoolam n?aurait pas osé se livrer au populisme que certains claironnent à ses oreilles. Ces derniers sont désormais condamnés à attendre la date de péremption du nouveau pacte que viennent de signer le numéro un du gouvernement et l?un de ses principaux lieutenants. Enfin, on ne peut passer sous silence les contradictions entourant cet acte de rabibochage politique auquel on vient d?assister. Alors même qu?il assurait que son parti ne pratique pas la pensée unique, Navin Ramgoolam n?a pas manqué d?imposer sa seule parole et celle de son ministre des Finances aux journalistes présents à sa conférence de presse hier. Lorsqu?on évite les questions, c?est parce qu?on craint de ne pas avoir de réponse ! Une réponse qu?il lui aurait été difficile de trouver est celle ayant trait à l?identité de cette personne qui n?est pas Rama Sithanen et qui a été sous les feux des critiques lors de la réunion du groupe parlementaire de l?Alliance sociale portant sur les amendements à apporter au «Sugar Industry Efficiency Bill». «Aussi», il aurait à expliquer à la nation comment une fictive démission d?un ministre des Finances est une fabulation que les journalistes entretiennent «dans leurs têtes».

C?est «aussi» des signes d?une crise pérenne?

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