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La renaissance ?

22 février 2007, 00:00

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<B>par Raj Meetarbhan</B>

A quelques heures de la rencontre entre le Premier ministre et son ministre des Finances, tout est encore possible. Au début de la crise, il semblait qu?il n?y avait aucune issue honorable pour les deux protagonistes à la fois. Le temps passant, les passions se sont apaisées. Il existe aujourd?hui une volonté réelle d?éviter une rupture définitive.

Pour autant, une solution au problème immédiat posé par la démission de Rama Sithanen ne va pas résoudre aussitôt les problèmes de fond. Car, nous sommes bien dans une crise ancienne dont l?enjeu principal est la réforme. La manière de faire de Navin Ramgoolam a aggravé le conflit mais c?est le sort de la réforme qui reste au c?ur du litige.

Dans une tribune adressée à ?l?express? (Voir page 9), Lindsay Rivière, directeur de Business Publications Ltd, émet une opinion contraire. ?La crise n?est pas (?) comme le croient certains commentateurs, une remise en question fondamentale des orientations économiques actuelles?, écrit-il. On comprend mal sa difficulté à citer nommément ?l?express?, mais, visiblement il cherche à contredire l?analyse de notre journal. Effectivement, nous avons toujours écrit que derrière l?épiphénomène Bheenick, il faut voir dans cette crise un affrontement entre deux conceptions fondamentales. Toutefois, on peut comprendre qu?un journaliste mal averti ne saisisse pas la réalité complexe des choses. Il risque de se baser sur les propos bruts d?un politicien qui ne lui a pas livré le fond de sa pensée pour se mettre à formuler des thèses mal fondées.

C?est bien la réforme qui sera au menu de l?entretien entre Navin Ramgoolam et Rama Sithanen aujourd?hui. En tout cas, sur l?affaire Bheenick, la marche arrière est exclue. Cette affaire a été le paroxysme de la crise mais pas sa cause première. Il est vrai que le Premier ministre n?a pas anticipé la réaction de Rama Sithanen, déjà fragilisé par les coups portés à sa réforme, quand il a nommé Rundheersing Bheenick à la tête de la Banque centrale. Mais ce n?était pas la première fois que Rama Sithanen se sentait lâché.

Déjà, lors de la réunion du groupe parlementaire du PTr, le lundi 12 février, alors que les tenants d?une position radicale descendait en flammes les réformes et que les ministres concernés attendaient une prise de position du Premier ministre, celui-ci se contentait de tracer des ronds sur une feuille de papier. Il s?est tu même quand des ministres, à l?instar de Dulull et Sinatambou, s?attaquaient à des mesures déjà approuvées par le cabinet.

Nous n?avons jamais écrit, dans ce journal, que Navin Ramgoolam avait une vision différente de celle de Rama Sithanen. Nous croyons plutôt que son problème est de ne pas savoir gérer les conséquences immédiates et douloureuses de la réforme. Même quand le ?débat démocratique? au sein de son parti tourne à l?empoignade, il hésite à monter au front. Mais, en politique, une renaissance est toujours possible.

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