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BP 247
?Chansons dignes d?un fancy fair pour le dieu Shiva?
C?est un spectacle affligeant que celui auquel furent conviés des milliers de dévots du dieu Shiva à Grand-Bassin, le mardi 13 février. Ce spectacle fut organisé par la Mauritius Sanatan Dharma Temples Federation (MSDTF).
Ceux assis devant leurs petits écrans n?ont pas cru leurs oreilles en entendant le chanteur indien, M. Jain, interpréter des chansons dignes d?un fancy-fair local. On aurait même pu dire qu?il se croyait devant un auditoire de vacanciers ivres d?exotisme et de sensations fortes à la plage de Belle-Mare ou au stade Anjalay.
Ce programme fut relayé en direct par la chaîne de télévision Ashtha International, qui couvre plus de cent pays à travers le monde. Donc, le monde entier a pu découvrir le manque de ferveur religieuse et la légèreté avec laquelle le dieu Shiva est traité par la diaspora indienne à Maurice. Durant un court instant, on a cru qu?une vieille tradition de plus d?un siècle s?était écroulée comme un château de sable par un quidam qui a pris de la Temple Music pour de la musique de lécheurs de bottes.
Et pourtant on nous a gratifiés de meilleurs moments à pareille époque comme Sharma Bandhu, l?année dernière, pour ne citer que lui. M. Dulthaman, président du MSDTF, a été égal à lui-même, c?est-à-dire parler pour ne rien dire, sinon pour combler d?éloges le Premier ministre.
Et nos artistes locaux ? Où sont-ils ? Nous aurions souhaité les écouter plutôt qu?écouter ces chanteurs et musiciens venus de l?Inde à des frais énormes. Ce n?est pas en versant une gourde d?eau du Gange dans le Grand-Bassin que celui-ci devient Bhagirath. Notre Gange à nous se traduit comme la perpétuation de la culture ancestrale, le chant pieux des dévots. Et la marche lente et longue de milliers de gens en attendant la grande nuit de Shiva !
Finalement, il faut éviter à tout prix que le titre Ram Teri Ganga Maili se traduise en réalité.
Un groupe d?artistes locaux
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