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Mgr Piat : ?Il faut combattre la cupidité?
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Mgr Piat : ?Il faut combattre la cupidité?
?Je ne prétends pas donner espoir, je prétends inviter à l?espérance en disant très clairement qu?espérer demande du courage?, soutient Mgr Maurice E. Piat (photo), évêque de Port-Louis. Il a survolé, hier, à l?évêché, les grandes lignes de sa lettre pastorale de carême 2007, intitulée : Ayez le courage d?espérer. C?est un appel qui est lancé aux fidèles. Et elle fait référence à la fois au contexte économique difficile pour le pays et aux moments difficiles que vit actuellement l?Eglise catholique locale.
Dans la première partie de sa lettre, l?évêque se penche sur le besoin de se serrer les coudes afin de surmonter une conjoncture économique difficile qui touche surtout ceux qui se trouvent au bas de l?échelle. ?Je ne prétends pas être un économiste ni un politicien, mais il faut jouer à fond la question de solidarité. Dans un pays, il faut combattre la cupidité de ceux qui veulent garder des privilèges acquis?, affirme Mgr Piat.
La deuxième partie traite des problèmes auxquels fait face l?Eglise catholique et du besoin impératif de la transformer pour assurer son avenir. Mgr Piat encourage la ?disparition? d?un type d?Eglise pour laisser la place à un autre qui serait fondé sur de nouveaux principes. L?Eglise qui doit, selon lui, disparaître est une Eglise dont la base repose sur la quantité de fidèles, sur les coutumes et les traditions. Par contre, une autre Eglise, celle de demain, devra être fondée sur la foi de ses fidèles. Elle respectera la liberté de décision des personnes. Le troisième et le quatrième volet de la lettre sont consacrés à la mission. C?est ainsi que l?Eglise qui estime que son influence dépend de la place qu?elle a pu occuper dans la société ou du statut social des prêtres est aussi appelée à disparaître. Une organisation et une complémentarité solides entre les prêtres et les laïcs sont préconisées. ?Le premier fil rouge de la lettre pastorale est cette idée de disparition et de nouveauté. Le deuxième fil rouge est un appel. J?invite les fidèles à se retrouver, à reprendre à leur compte l?appel de leur baptême?, souligne Mgr Piat.
Cette année, la lettre pastorale se présente dans un format différent. De la taille d?un petit livret, elle contient 23 pages. Elle se veut accessible non seulement en termes de look mais aussi en termes de contenu. Mgr Piat a compilé son message de façon à ce qu?il soit simple et à la portée de tous. Elle adopte aussi une approche proactive. Elle suscite des réponses de la part des fidèles. Les réponses seront rassemblées par les paroisses et les groupes. Elles seront ensuite canalisées vers le secrétariat du diocèse. Et un échantillon de ces réponses sera partagé, le 17 juin, lors du rassemblement dans le cadre de la marche de charité annuelle. Toujours dans une volonté d?être accessible, la lettre est accompagnée d?une version en créole sur un CD. Elle sera disponible dans les églises, à partir du mercredi des cendres. La couverture de la lettre pastorale est une illustration représentant une route et un arbre dans le désert. L?espoir serait donc un difficile cheminement.
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