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La surprise
par Raj Meetarbhan
Il semble qu?on est sorti de l?impasse sur la question des frais d?examens SC-HSC. Les positions des uns et des autres se rapprochent. Prenant position officiellement, hier, le BEC, organisme qui gère les écoles catholiques, se prononce contre les subventions. Il réclame certains ajustements à la formule de paiement, certes, mais il ne conteste pas que ?dans la conjoncture économique actuelle, l?Etat ne pourra continuer à tout subventionner?.
Le BEC vient donc apporter un soutien inespéré à la pensée de Rama Sithanen. Les idées libérales du ministre font école même si l?actualité politique semble démontrer le contraire. Davantage de Mauriciens reconnaissent aujourd?hui l?absurdité d?une subvention qui bénéficie à tous. En fait, le ministre en sursis trouve un soutien encore plus fort en la personne du chef de l?Eglise catholique, Maurice Piat. Celui-ci va jusqu?à rejeter l?idée d?un moratoire réclamé par le BEC pour donner du temps aux parents de se préparer.
Visiblement, il y a un début de changement dans les mentalités. On a compris que les biens et les services ont un coût. La gratuité est une illusion. Il faut des magiciens, et non des politiciens, pour diriger des Etats qui veulent assurer la gratuité du transport, du riz, de la farine, du gaz, des frais d?examens, etc.
Bien entendu, une société moderne doit respecter l?obligation d?aider les plus démunis. Mais il est absurde de faire payer par l?ensemble des contribuables des services accessibles aux nantis. C?est pour cette raison que, peu à peu, la notion de ciblage gagne du terrain.
Le problème, c?est la démagogie des politiciens. Ils contribuent à étourdir l?opinion et à brouiller les enjeux. Aujourd?hui, c?est le MMM et le MSM qui réclament le rétablissement de la subvention sur les frais d?examens. Hier, c?était les travaillistes, avec Rama Sithanen dans leurs rangs, qui combattaient l?abolition de la pension universelle.
Les économistes ont une jolie formule pour expliquer qu?un Etat qui joue les pères Noël n?est pas viable. ?Il n?y a pas de repas gratuit?, disent-ils. C?est précisément parce que l?ancien modèle économique reposait sur des concepts élaborés par des rêveurs socialistes qu?il a induit les déséquilibres que l?on connaît.
Cependant, la responsabilité de l?alliance au pouvoir est engagée si la campagne de la Plateforme nationale en faveur du maintien de la subvention des 50 % des frais d?examens pour tous reçoit un écho favorable. Trop souvent, l?Etat a fait un pas en avant, puis deux en arrière pour calmer le jeu. Une entreprise d?Etat est inefficace et il faut la fermer ? Ses employés seront subrepticement réintégrés à des postes créés pour l?occasion. L?abolition des subsides sur la farine provoque un mécontentement ? L?Etat subventionnera à nouveau le produit. Ces valses donnent à la Plateforme nationale l?espoir de faire fléchir une fois encore le pouvoir.
Le BEC, lui, a pris une position courageuse qui ouvre la voie à des négociations. Les discussions ne sont pas figées même si les subventions le sont.
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