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Les compétences, un passeport indispensable pour l?emploi
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Les compétences, un passeport indispensable pour l?emploi
DAVID JAMOOKEEAH, DE L?UNIVERSITÉ DE BRADFORD
« Il faut concilier enseignements universitaires et exigences professionnelles »
La mise en place d?un système d?encadrement pour augmenter les chances des diplômés à décrocher un emploi, est-elle une indication que les études offertes sont, parfois incompatibles avec les exigences du marché du travail ?
Je ne le pense pas. Depuis que je collabore avec l?université de Maurice, je suis bien placé pour confirmer la réputation internationale de la qualité de ses enseignements. La preuve est faite que ses diplômés permettent assez facilement de décrocher des bour-ses dans les plus prestigieuses universités. Le ris-que que les exigences du milieu du travail ne correspondent pas aux connaissances acquises est un phénomène mondial. D?où la difficulté à se faire embaucher sur un marché du travail très compétitif.
Ce qui laisse un sentiment de frustration chez des di-plômés après plusieurs années d?études. Maurice n?échappe pas à ce phénomène. Il résulte, en grande partie, du fossé qui sépare le monde universitaire de celui de l?emploi. Il faut concilier, voire récon-cilier enseignements universitaires et exigences professionnelles. These studies should be contemporaneous. Ce qui augmentera les chances d?un diplômé de trouver du travail.
Comment l?université de Bradford, où vous êtes responsable de la faculté des études en santé publique, est-elle impliquée dans ce projet ?
L?université de Bradford est mondialement reconnue pour avoir développé un système d?enseignement qui permet à ses diplômés de retrouver du travail aisément. Nous avons participé à un appel d?offres du British Council, émis exclusivement en Angleterre, dans le cadre du partenariat entre le Royaume-Uni et l?Afrique.
L?objectif est de mettre en place ce système d?encadrement dans les universités des régions subsaharienne et africaine. Notre offre pour Maurice et la Sierra Leone a été acceptée. Depuis, 2004, je suis professeur associé au Centre for Continuing Professional Development & Lifelong Learning de l?université de Maurice. C?est à l?invitation de l?université de Maurice que Bradford a participé à cet appel d?offres. Étant originaire du pays, plus précisément de Camp-de-Masque, il n?est pas nécessaire de souligner mon enthousiasme à aider Maurice.
Comment traduire dans les faits les chances des diplômés de décrocher un emploi ?
Le projet va officiellement démarrer en septembre. L?objectif consiste à doter les nouveaux étudiants des moyens qui leur permettront de trouver un emploi. Les enseignements qui leur seront dispensés seront directement liés aux besoins réels du monde du travail.
Une grande partie du programme consistera à familiariser l?étudiant aux réalités et aux exigences du milieu professionnel grâce à des programmes d?insertion professionnelle. Ce qui nécessite une étroite collaboration entre l?université et les parties concernées dans les secteurs privé et public, qui sont les employeurs potentiels des futurs diplômés. Un séminaire destiné au secteur privé sera organisé incessamment.
La cohabitation du système que vous préconisez avec celui qui existe déjà à l?université de Maurice ne risque-t-elle pas de créer une situa-tion conflictuelle ?
Il faut souligner que ce qui a été réalisé par l?université de Maurice dans le domaine de l?encadrement et de l?insertion professionnelle des futurs diplômés est remarquable. Il ne va pas y avoir de situation conflictuelle en tant que telle.
Le système actuel sera aligné aux normes liées à celui préconisé par l?université de Bradford. D?ailleurs, nous prévoyons l?embauche d?un coordinateur et d?un directeur de placement.
L?installation de ce système prévoit-elle l?élimination de certains cours considérés comme obsolètes ?
Les cours sont condamnés à être réactualisés, revus et réorientés. Et le développement continu des compétences d?enseignement est une pratique bien ancrée à l?université de Maurice. Depuis plus de dix ans, elle s?est dotée d?un Centre for Continuing Professional Development & Lifelong Learning. Les membres du personnel n?auront aucun mal à remettre en cause, de manière constructive, leur mode d?enseignement.
Ne risquez-vous pas de créer une autre forme de frustration si les diplômés se retrouvent sur un marché où il n?y a pas de travail ?
Ce scénario dépasse le cadre spécifique de notre intervention. Nous nous assurons que les diplômés qui quittent le campus, soient immédiatement aptes à mettre en pratique ce qu?ils ont appris. Nous combattons ce fossé qui existe entre la formation universitaire et la réalité du milieu professionnel. Nous ne pouvons toutefois pas garantir une affectation professionnelle aux diplômés. C?est aux autorités concernées de s?assurer que le pays dispose de suffisamment de place pour caser les compétences.
■ Propos recueillis par Lindsay PROSPER
L?itinéraire d?un enfant de Camp-de-Masque
David (Dave) Jamookeeah est originaire de Camp-de-Masque. Il a fait ses études secondaires au collège Eastern. Puis, il est parti faire des études en soins de santé publique en Angleterre. C?est en 1981 qu?il fait son entrée dans le domaine de l?enseignement, toujours dans la santé publique. Aujourd?hui, il est le directeur de la Pre-registration clinical Education (Nursing) de l?université de Bradford. Depuis 2004, il est professeur associé auprès du Centre for Continuing Professional Development & Lifelong Learning de l?université de Maurice. Il agit comme expert itinérant auprès du département de Nursing Science de l?université de Kuopio, en Fin-lande. David Jamookeeah a le statut de chercheur itinérant à la faculté des études sociales et internationales de l?université de Bradford. Il est père de deux filles.
DANS LE PRIVÉ
<B>L?instauration d?un plan étude-emploi</B>
Une bouffée d?air frais pour des jeunes qui veulent passer, à Maurice même, un diplôme (BSc) de l?université de Londres et qui sont en butte à des difficultés financières. L?Institute for Business and Professional Studies introduit à partir d?avril, un programme étude-emploi destiné aux premiers cent jeunes qui s?inscrivent auprès de cette instance.
« La formule est simple. Nous avons mis à la disposition des cent premiers étudiants un emploi dans un centre d?appels avec, à la clé, un salaire de base de Rs 9 000 par mois », déclare Rahan Bunwaree, directeur de l?Institute for Business and Professional Studies et du centre d?appels. Les cours proposés touchent treize secteurs, allant des études en comptabilité, en économie, en management, et en relations internationales, en passant par les systè-mes informatiques.
Les étudiants doivent prendre à leur charge les frais d?inscription au-près de l?université de Londres, et payer les coûts des examens et autres frais de scolarité auprès de l?Institut.
« En une année, l?étudiant qui va bénéficier de ce programme étude-emploi touchera une somme globale de Rs 108 000 par an. Ce qui constitue un soulagement du budget familial. » Et les cours ont été élaborés pour s?harmoniser avec les horaires du centre d?appels. Ils ont lieu le matin, de 8 à 11 heures. Entre 11 heures et midi, les étudiants ont une heure de pause. Le travail dans le centre d?appels commence à 12 heures et se termine vers 20 ou 21 heures.
Douze heures de cours par semaine
Ces cours s?étalent sur 12 heures par semaine, et quatre jours seulement. En revanche, le travail se fait cinq jours par semaine, du lundi au vendredi, avec possibilité d?être présent le samedi, lorsque la situation le réclame. L ?institution académique est en congé pendant trois mois, entre juin et août, et durant trois semaines en décembre.
« Après une année, les étudiants dont la performance le justifie peuvent faire une demande pour poursuivre leurs études en Angleterre. Nous allons mettre en place un centre de recrutement. Après avoir complété leur programme d?études avec succès, les diplômés pourront compter sur nous pour les aider à trouver un emploi. »
L?institut offre aussi d?autres cours, en collaboration avec des organismes tels que la British Computer Society, ou encore l?Institute of Chartered Secretaries and Administrators. Le plan étude-emploi ne s?appliquera aux autres étudiants de l?Institute for Business and Professional Studies que si moins d?une centaine d?étudiants de l?université de Londres acceptent la proposition étude-emploi.
Rahan Bunwaree explique que l?idée d?établir ce programme fait suite à des entretiens qu?il a eus avec les étudiants désireux de s?inscrire dans l?institut. « Bon nombre de ces jeunes m?ont fait part de leur désir de poursuivre des études tertiaires, ils doivent changer d?avis par manque d?argent et de possibilité d?embauche. Comme ils sont jeunes, ils arrivent difficilement à convaincre un employeur. Mais la formule que nous proposons est idéale, vu que le centre d?appels se trouve dans le même bâtiment que celui qui abrite l?institut. »
<B>Une question d?orientation</B>
La garantie pour un étudiant d?obtenir un emploi à la fin de ses études tertiaires dépend, dans une large mesure, du choix de la filière.
Pour aider les étudiants à mieux s?orienter, la Tertiary Education Commission publie chaque année, un répertoire des filières qu?elle juge prioritaires. Ce document est destiné tant aux étudiants qui préparent leur licence qu?à ceux du troisième cycle. Le répertoire pour 2005-2006 identifie neuf secteurs prioritaires pour ceux qui préparent leur licence. Ce sont l?agriculture, l?architecture et l?aménagement du territoire, l?éducation, l?ingénierie, la technologie de l?information, la santé, les sciences et sciences appliquées, les sciences sociales et le textile-habillement.
En outre, la Tertiary Education Commission indique treize secteurs où les étudiants du troisième cycle sont invités à entreprendre des études.
Ce sont l?agriculture et l?agro-industrie, les arts et les langues, l?ingénierie, l?environnement, les services financiers, la technologie de l?information, le droit, le management, la santé, les sciences et sciences appliquées, les sciences sociales, le textile-habillement et le tourisme.
<B>Les objectifs du « Human Resource Development Council »</B>
La mission prioritaire du Human Resource Development Council est de doter le pays d?un plan de développement des ressources humaines.
Voici ses principaux objectifs :
● Instaurer une culture de formation et une tradition d?apprentissage
● Faciliter l?accès à des possibilités de formation à un niveau supérieur.
● Pourvoir un programme de ré-apprentissage de compétences pour les chômeurs et les licenciés
● Promouvoir le concept de formation dans le domaine de l?entrepreneuriat.
● Développer les compétences pour augmenter les chances d?embauche.
● Installer la mentalité de l?excellence dans les activités professionnelles.
● S?assurer que la formation et les possibilités d?embauche constituent le fondement de la politique des ressources humaines du pays.
● Militer pour un concept économique fondé sur la connaissance et le savoir
● Développer la culture de la formation à tous les échelons de la hiérarchie.
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