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Des pratiques macabres au cimetière St-Martin
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Des pratiques macabres au cimetière St-Martin
par Marc ATCHIANE
En novembre 2005, Yashodas Veeramah faisait part de la disparition de sa femme à la police. Il a ensuite avoué l?avoir tuée et enterrée au cimetière St-Martin. Le plus étonnant dans cette affaire est la raison pour laquelle le suspect a choisi de transporter le cadavre de Rivière-du-Rempart à St-Martin. Dans sa déposition, il fait ressortir qu?il avait l?habitude d?aller dans ce cimetière pour participer à des rites macabres. L?affaire a franchi une autre étape cette semaine : l?enquête étant bouclée, la police a référé le dossier au parquet et a recommandé des poursuites pour meurtre. La préméditation n?a pas été retenue.
Lorsque l?affaire éclate et que Yashodas Veeramah est interrogé sur le meurtre de Nisha, 28 ans, cet étudiant en médecine de 23 ans révèle à Ranjit Jokhoo, le n° 2 de la MCIT, qu?il l?a enterrée là où une personne venait d?être ensevelie au cimetière St-Martin. Il explique y avoir été, auparavant, avec un «sorcier». Il leur arrivait, dit-il, de déterrer un mort, qui venait d?être inhumé, de le placer en position assise et de lui piquer les yeux et diverses parties du corps à l?aide d?aiguilles. Le jour du drame, dit-il, c?est suivant les directives de ce même «sorcier» qu?il aurait emmené le corps au cimetière. Version que le «sorcier» a rejetée en bloc.
Yashodas Veeramah est étudiant au SSR Medical College de Belle-Rive lorsqu?il rencontre Nisha Ramanah, une habitante de Goodlands qui travaille à la First City Bank de Triolet. Au bout de deux mois, ils décident de louer une maison à Vacoas. C?est la femme qui se charge des dépenses domestiques. Mais elle aurait commencé à subir les violences de son mari. Couverte de bleus, elle aurait souvent été dans l?incapacité d?aller travailler. Ses absences répétées devaient lui valoir des avertissements, des menaces de sanctions et elle finit par être congédiée.
Lettre à sa femme décédée
C?est aussi à l?époque où le couple habite Vacoas que leur mariage est organisé. Ils s?unissent civilement le 31 décembre 2004 et religieusement le 17 avril 2005 «sur l?insistance des parents de Nisha», précise Yashodas. Leurs ressources épuisées, il emmène Nisha vivre dans la maison familiale, a Belle-Vue. Là encore, elle aurait été malmenée. Des violences qui ont fini par lui coûter la vie, le 5 novembre 2005.
Ce jour-là, déclare Yashodas dans sa déposition, il avait emmené sa femme au shivala de Rivière-du-Rempart. Mais sur le chemin du retour, une dispute éclate entre eux. Nisha, dit-il, était «jalouse, possessive et avait mauvais caractère». Et elle aurait commencé à l?injurier et à lui donner des coups à la figure. Il l?aurait alors attrapée par les cheveux, lui aurait maintenu la tête vers le bas avant de lui poser fermement sa jambe gauche sur le cou pour la forcer à se calmer. Il ignorait, dit-il, que son cou était appuyé sur la coiffe du levier de vitesse. Il se rend ensuite compte qu?elle est morte. Paniqué, il aurait téléphoné à son ami, le «traiteur» de Vacoas. C?est ainsi que le plan pour faire disparaître le corps aurait été échafaudé.
C?est Yashodas lui-même qui ira ensuite faire part de la disparition de sa femme à la police. Deux jours après l?avoir enterrée, il lui écrit même une lettre d?amour et l?exhorte à rentrer. «I am sorry, I cannot live without you. I will wait for you another 24 hours. If you don?t phone me, I will understand that you never loved me. I will have no choice than to go back to my parents and live according to their wish.» Lettre qu?il remet à la s?ur de Nisha le 7 novembre 2005.
Neuf jours plus tard, Yashodas est arrêté par la MCIT comme le principal suspect. Il finira par avouer. La police découvrira effectivement, à l?endroit indiqué, le corps de Nisha.
Le suspect, lui, a exprimé des regrets et a été remis en liberté conditionnelle.
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