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Le football local a été sacrifié pour contrer le hooliganisme

16 février 2007, 00:00

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Les réactions à la suite de l?émission Football-Ki direksyon ont été nombreuses et cela prouve que la population mauricienne n?est pas insensible à l?état comateux dans lequel se trouve le football local actuellement. Pourquoi alors montrer du doigt la MBCTv ? Cette émission a permis un débat plus que salutaire car c?est un fait indéniable que la régionalisation du football n?a pas apporté les résultats escomptés jusqu?ici. Les rencontres des gros bras de l?élite ne sont suivies que par une poignée de spectateurs alors que, dans le passé, les incontournables Fire Brigade-Cadets Club, Scouts Club-Cadets Club ou Sunrise F C-Fire Brigade se jouaient à guichets fermés. Un retour vers le football communal ? Cette phrase a été prononcée en maintes occasions depuis cette émission. De quel football communal parle-t-on ?, le statut des clubs ayant déjà pris une autre proportion avec la décommunalisation du football amorcée depuis 1983. Au sein du Scouts Club, juste avant l?incendie de L?Amicale de Port-Louis, se trouvaient des joueurs comme France Jonas, Michael Badal, Ricardo Brabant entre autres. Alors de quel football communal parle-t-on ? On dira que ce sont les supporters qui étaient communaux. Est-ce communal qu?un supporter de foi musulmane soit un fervent du Scouts Club dont la majorité des joueurs sont des non-musulmans et dont le capitaine se nomme France Jonas ? J?aimerais bien qu?on vienne me dire où se trouve le communalisme et comprendre quand on parle d?un retour vers le ?football communal?. Posez la question à n?importe qui et il vous répondra qu?un retour vers les équipes traditionnelles serait une bonne chose. Mais il ne faudra pas répéter les erreurs du passé? Dans les années 80, l?Angleterre a souffert du hooliganisme. Des équipes comme Leeds, Liverpool entre autres ont connu cela. Et la violence faisait rage chaque week-end. Ce n?est pas pour autant que ces clubs de football ont disparu. Des mesures ont été prises pour combattre le hooliganisme en Angleterre et aujourd?hui c?est un véritable plaisir de suivre une rencontre de football dans ce pays. On n?a pas tué le football pour autant. Ici, chez nous, faute d?idées, après les incidents faisant suite à la fatidique rencontre Fire Brigade-Scouts Club, on a sacrifié le football pour contrer le hooliganisme. Le Calcio connaît actuellement une vague de violence. Ce n?est pas pour autant que des clubs de football comme la Lazio de Rome, l?Inter de Milan ou la Juventus de Turin vont disparaître. On parle, comme mesures, de billets nominatifs, de filtrage des supporters avec la contribution des clubs et des dispositions de sécurité accrues. Mais aujourd?hui, alors que les écrits sont sur les murs chez nous, on veut toujours croire dans la régionalisation. On persiste dans cette voie comme pour la régionalisation des Jeux intercollèges d?athlétisme, qui s?est avérée, en fin de compte, un véritable échec.

Il faut se dire que, sans public, un club de football ne peut même pas envisager la survie. Voilà à quoi se résume le mal du football mauricien. Un jeune qui habite Port-Louis, fréquente le College St-Joseph à Curepipe, prend des leçons de comptabilité à Coromandel et passe le week-end dans le campement familial à Tamarin ne pourra jamais s?identifier à l?ASPL 2000 par exemple. Le football mauricien avait sa propre identité mais malheureusement, ni le MJS, ni la MFA et encore moins les dirigeants des clubs d?alors n?ont pris les dispositions nécessaires pour l?améliorer. Comment alors expliquer que des clubs comme la Fire Brigade, le Scouts Club ou même le Sunrise, dont toutes les rencontres se jouaient presque à guichets fermés, n?ont jamais eu un club house doté d?un terrain d?entraînement ? Ou est partie toute cette manne d?argent qui entourait le football d?alors ? La question mérite d?être posée.

Rama Poonoosamy, dont les suggestions s?avèrent très bonnes, a eu le mérite de venir à l?avant-plan lors d?un point de presse. C?est tout à son honneur mais, sur la question de sentiment d?appartenance à sa région, il nous est permis d?en douter. Quand il parle des ?nostalgiques de l?époque?, je lui dirais que, comme moi, il existe des milliers de nostalgiques. Et la plupart d?entre nous ne sont pas des adeptes du communalisme. Qu?il est loin ce temps quand je partais au Stade George V pour voir si Rajesh Gunesh du Cadets Club pourrait prendre le dessus sur Berty Marie ou Jean-Pierre Bellepeau, si la bataille du milieu de terrain serait remportée par Sattar Mohuyiddin ou Eric Achille, si Willy Vincent allait donner du tournis à l?immense et incontournable tour de contrôle du Sunrise, le malgache Fidy. Voilà à quoi se résumait la passion des nostalgiques comme moi. Mes idoles à moi, supporter de la Fire-Brigade, se nommaient Jacques Jackson, Jean-Yves L?Enflé, John Decotter, Jean-Marc Changou entre autres alors que pour d?autres c?étaient Rajesh Gunesh, Satish Naik, Saleem Moosa, Fidy, Veda Balaghee, Ashley Mocudé, Elvis Antoine entre autres.Cela ne fait pas de nous des adeptes du communalisme pour autant.

Les inconditionnels du football local existent toujours mais ils sont en hibernation, faute de pouvoir s?identifier dans le contexte actuel. Un referendum sur toute la question serait un bon éclairage, histoire de biffer les doutes qui subsistent sur les sms reçus lors de l?émission de la MBCTv mais? étrangement contestés par la suite.

Pour la survie du football local un REFERENDUM est plus que nécessaire car il est grand temps de ranger l?hypocrisie qui a prévalu jusqu?ici. Il faut donner la chance à tout un chacun de donner son avis et d?apporter ses idées. Saoud Lallmohamed, encadré de Laval Ng, Nono Sauzier, Pouba Moutou et Patrice D?Avrincourt, a apporté les siennes et il est permis d?espérer que d?autres personnes monteront au créneau pour le bien du football.

Mais qu?on se le dise, le football mauricien ne pourra pas reprendre son envol sans le retour de son public et il n?y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

Michael CHOYEN (Un GRAND nostalgique du football local d?antan)

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