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La drogue entre au village

16 février 2007, 00:00

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Jeannette Niole, la présidente du conseil de village de Bel-Ombre, veut à tout prix ?uvrer pour son village. Mais les choses ne semblent pas évoluer comme elle l?espérait. Le constat de la conseillère du village est effrayant. Elle est catégorique. La drogue est bel et bien présente dans le quotidien de quelques jeunes chômeurs. Elle ne fait pas référence à la drogue dite douce, mais bien à la drogue dure.

Et la preuve est faite. Il a fallu l?organisation d?une journée de l?environnement pour découvrir que certaines personnes consomment de la drogue. ?Nous nettoyions un terrain vague à l?arrière du village hall quand nous avons ramassé beaucoup de seringues usagées?, se souvient-elle. Et évidemment, il y a eu une prise de contact avec les autorités et la police a fait des rondes pendant plusieurs semaines après cette triste découverte, mais les choses en sont restées là.

Chômage et manque de loisirs

Elle se tourne alors vers le gouvernement et les organisations gouvernementales pour tenter d?éradiquer ce fléau. Jeannette Diole se demande pourquoi ces associations, qui mènent des campagnes de sensibilisation, ne viennent pas dans ces régions très éloignées.

Les conseillers ont identifié plusieurs raisons susceptibles de pousser les jeunes vers la drogue et l?alcool. Il y a d?abord le chômage. Selon la présidente du village, il y a très peu de jeunes de Bel-Ombre et de St-Martin qui ont trouvé du travail dans les hôtels de la région. ?La sécurité aux portails des hôtels décourage ceux qui sont en quête d?emploi. On leur dit qu?il n?y a pas de postes vacants?, dit-elle. Rama Soobaraydoo, aussi conseiller du village, est pour une réunion avec la direction d?un hôtel en construction. Il lui a déjà écrit dans ce sens.

Shirley Bergicourt, autre conseillère de cette localité, place le problème de la drogue sur un manque de loisirs. C?est ainsi que les jeunes sont laissés à eux-mêmes. ?Il suffit juste de parcourir les ruelles en plein après-midi pour voir le nombre de jeunes qui sont sur le bord de la route, à ne rien faire. C?est ainsi qu?ils se laissent tenter par l?alcool et la drogue?, dit-elle.

Ces conseillères, de même que deux mères de famille, parcourent souvent les rues de la localité et elles y rencontrent des enfants qui ne sont pas à l?école. Ce sont, pour la plupart, des enfants qui ont échoué aux examens du certificate of primary education, ou des jeunes qui étaient censés être à l?école primaire. Elles ont mené une enquête. Et c?est la toujours le même refrain. ?Les enfants et les parents nous ont dit qu?ils n?ont pas les moyens pour acheter le matériel scolaire, les cartables ou des chaussures?, raconte Jeannette Niole.

De l?aide promise

Le conseil du village a approché le Trust fund for the integration of the vulnerable groups pour un soutien à ces familles. Mais les conseillers se sentent limités. Ils sollicitent donc l?aide du gouvernement. La présidente regrette que les députés de la circonscription, sauf Maya Hanoomanjee, leur rendent rarement visite.

Du côté des hôtels, un comité est déjà à pied d??uvre. D?ailleurs, deux hôtels de la région doivent rencontrer les conseillers. Ils leur ont promis de l?aide pour quelques projets identifiés. D?autres réunions vont suivre, pour décider de la suite à donner à cette situation qui mérite l?attention.

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