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Au paradis des ?sweatshops?
Des ?sweatshops? à Maurice ? On a du mal à accepter l?idée. Pourtant, le pays est régulièrement ciblé par les organisations internationales d?activistes ?uvrant contre l?exploitation de la pauvreté des gens. C?est surtout l?industrie du textile-habillement qui est le plus surveillée. Les autorités réagissent en s?évertuant à mettre en place des garde-fous efficaces.
Dans une étude effectuée dans le sillage de la révolte des ouvrières chinoises suivant la mort de deux des leurs en 2002, l?organisation Clean Clothes Campaign dépeignait une image plutôt négative de Maurice. ?L?île n?est pas un paradis pour les travailleurs étrangers?, affirmait-elle. Clean Clothes Campaign est une coalition d?organisations civiles, actives dans huit pays d?Europe, à savoir, l?Autriche, la Belgique, la France, l?Allemagne, les Pays-Bas, l?Espagne, la Suède, la Suisse et l?Angleterre.
Toujours en 2002, les propriétaires de la prestigieuse griffe américaine Levi & Strauss suspendait leurs commandes sur Maurice car leur sous-traitant aurait discriminé contre les travailleurs migrants. ?Le problème est systémique. Le ministère du Travail n?a pas les ressources nécessaires pour faire respecter les droits des travailleurs étrangers?, écrivait la Levi & Strauss Co Ltd dans un rapport sur cet incident. Avant lui, en 1999, Gap Incorporated rappelait ses fournisseurs mauriciens à l?ordre pour non-respect des conditions sociales exigées.
La campagne internationale contre l?exploitation d?ouvriers de pays pauvres s?étant globalisée, le nom de Maurice a souvent été cité aux côtés de ceux de destinations notoires comme la Thaïlande, Madagascar, Bangladesh, la Russie et la Roumanie, entre autres. Les autorités mauriciennes ne sont pas restées insensibles à ces attaques frontales à l?image du pays.
Profitant d?un lobby intense de Levi & Strauss en faveur d?un mécanisme pour neutraliser la discrimination contre les travailleurs migrants, le ministère du Travail leur a dédié une escouade spéciale. Celle-ci examine et approuve les contrats que les employeurs mauriciens s?apprêtent à proposer aux recrues étrangères. Elle fait des enquêtes à la suite de plaintes déposées auprès d?elle par les travailleurs se sentant lésés. Elle effectue des contrôles intermittents des lieux de travail et de logement des ouvriers étrangers pour s?assurer que les normes sont respectées?
?L?initiative a donné des résultats probants?, affirme le porte-parole du ministère du Travail. Le nombre d?arrêts de travail, résultats de révoltes provoquées par des conditions de travail insatisfaisantes, est en chute. Il est passé de 40 en 2003 à 12 seulement l?année dernière. L?action des Sri Lankaises de la Compagnie mauricienne de textile est la première de cette année.
L?escouade a effectué 975 contrôles l?année dernière. Elle a examiné 8 940 contrats de travail avant qu?ils ne soient proposés aux travailleurs migrants et a enregistré 180 doléances. ?Les visites surprises ont permis de faire la lumière sur des anomalies qui, une fois régularisées, ont permis aux ouvriers de recouvrer quelque Rs 3,4 millions. Les enquêtes sur les doléances ont permis de récupérer plus de Rs 357 000 de plus?, avance le porte-parole du ministère du Travail.
Ce bilan de la Special Expatriate Squad confirme, si besoin est, que les employeurs mauriciens ne sont pas exempts de blâme. Il faut néanmoins se méfier des exagérations de la part des ouvriers, prévient un observateur avisé. ?Nous avons constaté que très souvent, les ouvriers commencent à s?insurger lorsque leur contrat est sur le point d?arriver à expiration. Peut-être cherchent-ils par-là à obtenir une amélioration de leurs indemnités de départ?? Réalité de pauvres ou parade de capitaliste cynique ?
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