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De laboureur à dramaturge
Il enlève sa casquette, se passe la main sur le front pour essuyer toute trace de fatigue. Lui, c’est Claude Chiffone, ancien laboureur qui a travaillé pendant 37 ans sur l’établissement sucrier de Terracine. Mais voilà, il y a sept ans, il a choisi de délaisser les champs de canne pour adopter la scène théâtrale. Il est également l’auteur d’un premier roman en créole et a fondé une troupe de théâtre.
Mais avant d’arriver là, Claude, originaire de Surinam, a dû faire travailler ses méninges matin et soir. Effectuant régulièrement et ce pendant plusieurs mois, le trajet Surinam-Grande-Rivière, il se rend dans les locaux de Ledikasion Pu Travayer pour y apprendre à lire et à écrire. Résultat : son premier roman Patrick Miller, qui conte l’histoire d’un boxeur amoureux qui finit par commettre un crime. Claude compte aussi à son actif plusieurs autres pièces de théâtre.
Heureux d’avoir franchi cette première étape, Claude décide ainsi d’aller plus loin. Installé confortablement derrière sa machine à écrire, il invente des personnages. Son objectif : traduire dans la réalité, à travers ses pièces, les choses dont il est le témoin quotidien.
Comme pour parfaire son nouveau statut de dramaturge, Claude réunit quelques jeunes de son village et fonde le Surinam Drama Group (SDG). “Ti ena bokou ki ti entousiast pou fer teat. Nou ti kouma ene sel fami”, se rappelle Claude.
La troupe vise haut et participe au festival d’art dramatique organisé par le ministère de la Culture. Elle vise même la plus haute marche du podium. Comédiens et metteur en scène rencontrent Henry Favory et d’autres comédiens dans les coulisses. L’occasion rêvée pour Claude et le SDG de parfaire leur connaissance
Au fil du temps, les récompenses ne se font pas attendre pour le SDG, et plus particulièrement pour Claude. Les prix pleuvent au festival d’art et Claude est désigné meilleur acteur. Il recevra le deuxième prix du Centre de jeunesse de Saint-Pierre. “Pa ti fasil ditou. Ena bokou transpirasyon pou verse avan vinn celeb”, avoue très modestement Claude.
Le grand regret de Claude toutefois demeure l’absence de structures adéquates pour faire du théâtre dans la région du Sud. Donc, à force de crier dans le désert comme les autres artistes, le dramaturge a fini par occuper le moindre espace dans la cour des villageois pour donner libre cours aux talents des jeunes artistes en herbe.
“Comme il n’y a pas de loisirs dans les villages, je crois que cet art occupera de plus en plus une place importante dans les villages”, estime-t-il.
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