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Le pape s’en prend au projet de pacs italien
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Le pape s’en prend au projet de pacs italien
L’Eglise a vivement réagi à l’adoption, récemment, par le gouvernement italien, du projet de loi reconnaissant les “unions de fait”, homosexuelles ou hétérosexuelles. Profitant de la réception d’un nouvel ambassadeur de Colombie, le pape a dénoncé, au Vatican, les lois qui s’en prennent “à l’identité de la famille et au respect du mariage”.
Sous un titre La famille blessée, l’éditorial de l’Osservatore Romano annonce que l’Eglise mettra tout son poids dans la bataille pour faire échouer le processus législatif. La conférence des évêques s’en prend aux “lourdes conséquences juridiques et culturelles” pour l’Italie. Le cardinal Georges Cottier, ancien théologien privé de Jean Paul II, s’élève enfin, dans La Repubblica, contre l’intervention de l’Etat dans des questions de “partenariat privé” et contre la légalisation, jugée insupportable, d’un “modèle alternatif de famille”.
Bref, déjà très mobilisée avant l’adoption du pacs italien, la hiérarchie, dominée par la personnalité radicale du cardinal Ruini, se fait plus pugnace encore, selon les observateurs, que lors des batailles perdues des années 1970 contre le divorce et l’avortement.
Camouflet pour l’Église</B>
La classe politique et médiatique ressort le terme d’“intransigeance” qui qualifiait l’attitude des papes du XIXe siècle refusant tout abandon de souveraineté temporelle sur Rome (avant la victoire des patriotes italiens en 1870). Non possumus (“Nous ne pouvons pas”), martelait Pie IX le dernier pape-roi (1846-1878). Non possumus, vient de répéter L’Avvenire, le quotidien de la conférence des évêques.
Selon la presse, l’adoption du projet est un camouflet pour l’Église, qui paie son “intransigeance” répétée sur cette question des unions homosexuelles, comme sur celles des cellules souches d’embryon ou de l’euthanasie dans l’affaire Welby, du nom de ce grabataire qui, peu avant Noël, avait demandé à mourir et à qui l’Eglise a refusé des obsèques religieuses.
Cet activisme agace un pays pour qui l’Eglise est dans son rôle quand elle donne des avis et éclaire les consciences, mais non quand elle heurte, comme disent les journaux, le “droit des hommes politiques à légiférer”.
<B>Henri TINCQ
© Le Monde 2007
Distribué par The New York Times Syndicate</B>
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