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La guerre aux escargots
Une trentaine de planteurs de taro (brède songe) de La-Porte-Providence, patelin rattaché à Poste-de-Flacq, ont enlevé, de leurs plantations, quelque 175 kilos d’escargots dans la région. Ces mollusques ont un appétit vorace pour les plantes aquatiques et détruisent particulièrement le taro, cultivé en très grande quantité, dans les zones humides de la région.
Cette opération s’insère dans le cadre de la célébration de la World Wetlands Day. Elle a été dirigée par Kheswar Beeharry Panray, chief executive officer de l’Environmental Protection and Conservation Organisation (EPCO). Il était soutenu par une dizaine de volontaires de l’EPCO.
“C’est la première fois que nous organisons une telle opération à La-Porte. Nous avons utilisé des papayes comme appâts pour attirer les escargots en grand nombre. Nous sommes vraiment satisfaits du résultat. L’expérience, tentée depuis novembre à Maurice, s’est révélée concluante”, affirme Kheswar Beeharry Panray.
Des planteurs d’Hermitage à La-Porte louent une dizaine d’arpents de zones humides à l’établissement sucrier de Constance-La-Gaieté pour cultiver le taro. Depuis trois mois, ils se plaignent de la destruction de la végétation aquatique par les escargots.
Somanand Koylah, cultive depuis 15 ans le taro sur une superficie d’un demi-arpent le long de la rivière qui passe sous le Pont Sec. Il estime que les escargots ont fait chuter considérablement sa production hebdomadaire de brède songe qu’il écoule à la foire de Curepipe. “Je subis environ 50% de pertes. Les escargots ne s’attaquent pas qu’aux feuilles, mais aussi à la racine. Ce qui a pour résultat de réduire considérablement le nombre de plantes”, explique le planteur. Après une visite dans les zones humides, la délégation de l’EPCO a constaté que la population d’escargots est très élevée dans le village et fait de graves dégâts dans les plantations. “Ces escargots font subir de grosses pertes aux planteurs de taro de la localité”, conclut le chief executive officer de l’organisation. Les volontaires de l’EPCO ont également eu un autre recours pour détruire les escargots : des feuilles de lilas et de tabac ont été répandues dans les cours d’eau. “L’escargot meurt dès qu’il consomme ces feuilles. Mais il est pratiquement impossible d’éliminer complètement la population d’escargots à Maurice”, précise Kheswar Beeharry Panray.
Les échantillons d’escargots collectés du site infesté montrent de grandes espèces adultes d’une taille d’environ 7-9 cm, avec des coquilles verdâtres ou marron. Les coquilles juvéniles tirent plutôt sur le jaune. L’EPCO conclut que Maurice a failli dans les mesures primaires de prévention, dont une quarantaine stricte pour prévenir l’introduction et la propagation d’escargots. “Les mesures préventives doivent être prévues. L’éradication de la population d’escargots est probablement impossible alors que l’épandage sur grande échelle de pesticides aurait des conséquences fâcheuses pour l’environnement. Aucune autre méthode à part le ramassage à la main des escargots ne s’est révélée sans danger à l’environnement”, explique Kheswar Beeharry Panray.
Cette méthode comporte un désavantage parce qu’elle marche seulement quand elle est faite sur une base régulière.
“APPLE SNAIL”
<B>Une espèce originaire d’Amérique du Sud</B>
■ L’espèce d’escargot la plus répandue à Maurice est originaire d’Amérique du Sud. Introduite dans les années ’80 en Asie du Sud Est comme une source potentielle de nourriture, elle est devenue aujourd’hui une peste pour le riz, le taro et d’autres produits aquatiques. Introduits délibérément ou accidentellement, ces mollusques semblent s’adapter aux eaux tropicales avec beaucoup de nourriture et sans prédateurs.
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