Publicité

L’île soeur va rétrécir !

8 février 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

L’île soeur va rétrécir !

Élévation du niveau de l’océan, érosion des côtes, amplification des crues des rivières et des glissements de terrains, développement des maladies émergentes et altération de la biodiversité : telles sont les principales menaces que fait peser sur l’île l’élévation des températures de quelques degrés. En l’absence d’études régionales solides, la transposition des prévisions pour la planète à notre zone de l’océan Indien, conduit a une évidence : il faut agir.

On n’aura bientôt plus de pétrole mais il ne faut pas être à court d’idées. Le réchauffement du climat de notre planète n’est plus sujet à débat. Ce qui doit être discuté pour être admis par le plus grand nombre, ce sont les mesures à prendre.

Il faut ralentir le phénomène et surtout s’adapter à cette nouvelle donne. Par son caractère insulaire, la Réunion est particulièrement concernée par les conclusions du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) qui s’est réuni la semaine dernière à Paris.

Des annonces qui font froid dans le dos </B>

Dans la lettre aux décideurs qu’ils ont rendue publique à Paris, au terme des quatrièmes rencontres du Giec, les experts n’apportent pas de bonnes nouvelles. Ils confirment les conclusions ayant présidé à l’élaboration du protocole de Kyoto.

L’accélération du réchauffement depuis trente ans ne peut s’expliquer par la seule variabilité naturelle du climat. On ne peut plus avoir de doute : les émissions de gaz à effet de serre (GES) liées notamment aux consommations de pétrole, de gaz et de charbon, sont en cause. Les activités humaines ont bien modifié depuis le début du siècle la composition de l’atmosphère.

À l’heure actuelle, le réchauffement moyen montré par les simulations est de l’ordre de +3 °C en 2100, mais tout dépendra des scénarios de réduction des émissions de GES.

Dans notre zone de l’océan Indien, les incertitudes sur le nombre de degrés pour la température et de centimètres pour le niveau des océans font naître des inquiétudes diverses. Même si elles ne sont pas autant menacées que la plupart des atolls de l’archipel des Maldives condamnés à être engloutis, certaines îles qui sont plus proches de nous comme Mayotte et Rodrigues vont voir une partie de leurs terres submergées.

Il existe au Port, ville menacée s’il en est, un marégraphe mais il est trop jeune et n’a donc pas fourni suffisamment de données pour extrapoler une tendance fiable. Des expérimentations supplémentaires sont nécessaires pour distinguer le bruit de fond de l’évolution réelle.

<B>Renaud GUILIANI </B> <I>© JIR</I>

Publicité