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Alcodis au coeur du cluster canne
Alcodis Limited, usine de production d’éthanol à Rose-Belle, fait parler d’elle pour cause de mauvaise odeur. Odeur qui incommode les habitants du village. Mais qu’en est-il de l’activité de l’usine elle-même ? En effet, ils sont peu nombreux à comprendre la portée économique de cette usine.
Roland Maurel Junior, un des directeurs d’Alcodis, explique: “à Maurice, nous produisons 150 000 tonnes de mélasse, nous en exportons 120 000 et les 30 000 restantes sont utilisées pour la nourriture des animaux et la fabrication du rhum.”
Le but final d’Alcodis en partenariat avec un géant européen, Alcogroup, est de convertir les 120 000 tonnes de mélasse en éthanol. à partir des 120 000 tonnes de mélasse, la production d’éthanol peut se chiffrer à 30 millions de litres.
“L’usine ne peut pas en fabriquer plus, par manque de matières premières. Le Brésil, premier producteur d’éthanol au monde, produit 300 millions de litres mais ils ont 90 millions d’hectares de cannes, nous en avons autour de 72 000 seulement.”
Malgré cette contrainte, Alcodis demeure compétitif sur le marché européen. En effet, en tant que membre du bloc Afrique-Caraïbes-Pacifique, Maurice exporte l’éthanol hors taxe.
De plus, Alcodis Limited a aussi une maîtrise parfaite de toute la logistique, de la production à l’acheminement.
“L’acodis possède sa propre pipeline de Mer Rouge aux bateaux. Nous affrétons des bateaux spéciaux qui nous permettent d’exporter en vrac. Toute cette logistique permet de rester très compétitif” nous explique Roland Maurel junior.
Réduire l’importation des fertilisants</B>
En plus de l’éthanol, Alcodis fabrique aussi des bio-fertilisants. En effet, grâce à l’installation d’un évaporateur, cette production a été rendue possible. Ce bio-fertilisant est produit à partir de la matière solide extraite de la mélasse, un gain important pour le pays, selon Roland Maurel junior : “Actuellement, Maurice importe la totalité des fertilisants requis pour le secteur agricole. Grâce à cette technique, nous pouvons envisager de diminuer l’importation de fertilisants par 35-45 %.” Alcodis vise aussi le secteur de l’automobile et la production de biocarburant. “Pour le moment, tous les tests ont été concluants. Nous travaillons sur la déshydratation de l’éthanol afin de le rendre le plus pur possible.”
Un monitoring committee a été mis en place par le ministère du Commerce et de l’Industrie afin de soumettre un nouveau rapport au Conseil des ministres car Alcodis vise le marché européen. Roland Maurel junior ajoute toutefois qu’il n’est pas question de remplacer le sucre car “le sucre reste beaucoup plus rémunérateur que l’éthanol. Mais il s’agit de maximiser la production des sous-produits afin de relancer l’économie du pays.”
En ce qui concerne les problèmes rencontrés par l’usine, Roland Maurel se veut rassurant : “le problème est pratiquement réglé et tout est mis en œuvre afin de finir le nettoyage du bassin, responsable des odeurs nauséabondes.”
<B>Pouspam RAMSAMY</B>
CONSTAT
<B>Visite du site d’Alcodis</B>
■ Une délégation ministérielle avec à sa tête le vice–Premier ministre, Rashid Beebeejaun, a effectué hier matin une visite du site d’Alcodis. Ils sont venus constater si le problème d’odeur pestilentielle avait été résolu. Suite à cette visite, Arvin Boolell, ministre de l’Agro-industrie, a confirmé son soutien aux dirigeants d’Alcodis tout en insistant sur la nécessité d’assainir totalement le bassin à l’origine de ces odeurs. Il a aussi ajouté qu’il était important de ne pas ralentir le développement et que toutes les parties concernées doivent prendre leurs responsabilités. Quant aux représentants des forces vives présents, ils ont affirmé qu’ils ne refusent pas le développement mais s’inquiètent pour la santé de leurs enfants. Vijay Pochun, conseiller du village de Rose-Belle, a manifesté son scepticisme : “Ce n’est que quand il y a des visites officielles, qu’il n’y a pas d’odeur. Dans deux jours, tout sera comme avant.” En revanche, les employés d’Alcodis ne comprennent pas la colère de leurs voisins. Emmanuel Broquet, maçon, plus pragmatique dans sa démarche, nous explique qu’il vit dans le quartier aussi et qu’il a des enfants. Il demande qu’on leur laisse le temps de tout nettoyer car “cette usine permet à de nombreuses familles de vivre”.
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