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Crise à Réduit

7 février 2007, 00:00

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L?université de Maurice doit se serrer la ceinture. Sa situation financière se détériore. Bientôt, l?institution ne sera même plus en mesure de payer les salaires de ses employés. Ce drame survient alors que le gouvernement et les bailleurs de fonds étrangers sont d?accord sur l?urgence d?assurer une formation au plus grand nombre. Tous jugent que c?est la condition indispensable pour relancer l?économie.

La première institution d?enseignement supérieur du pays mérite que l?on s?attarde sur son sort. On peut lui reprocher une gestion approximative ou des orientations douteuses ou encore une mauvaise compréhension de sa mission mais ces dérives ne peuvent pas être corrigées avant longtemps. Or, l?université fait face à un problème immédiat. Il s?agit donc de trouver des solutions rapides.

Le temps est venu d?envisager le paiement des frais de scolarité à Réduit. Pour les étudiants à plein temps, les études supérieures sont gratuites. Ils paient des frais d?inscription ou des droits d?enregistrement à la bibliothèque mais les cours sont gratuits pour eux. C?est une anomalie. Il faut retourner à la normalité. Plus personne ne se fait d?illusions aujourd?hui : l?éducation a un coût. Le parent qui paie en moyenne Rs 400 par matière pour son enfant qui est en HSC comprendra qu?une institution d?enseignement supérieur fasse payer pour les cours qu?elle dispense.

Même ces politiciens qui nous ont pris pour des enfants attardés en nous faisant croire que nous pouvons voyager gratis seront bien obligés d?admettre que le père Noël n?existe pas et qu?il faut payer pour un service donné. Sortons de l?angélisme qui pousse à croire que l?éducation doit demeurer gratuite à tous les niveaux. En compensation, des formules de bourse plus intelligentes que celles qui privilégient une petite poignée de lauréats doivent être mises au point pour démocratiser l?accès à l?enseignement supérieur. La démocratisation, c?est bien un slogan qui a alimenté une campagne aux dernières législatives, non ?

Ensuite, l?université devrait faire un effort pour trouver des ressources afin de suppléer à la dotation d?Etat. Beaucoup d?universités à travers le monde obtiennent des soutiens privés à leurs programmes de recherche et monnayent leur expertise dans divers domaines à travers des contrats de ?consultancy?. L?université de Maurice n?a jamais réussi à instaurer ces pratiques.

Pourtant, un ?Consultancy and Contract Research Centre? a été créé en 1998 justement pour gérer ces services ainsi que les droits de propriété intellectuelle générés par la recherche universitaire. Il semblerait que nos chercheurs ont beau chercher mais n?ont encore rien trouvé.

Cela dit, les subventions de l?État devraient continuer à représenter la première source de revenus de l?université. Le problème c?est qu?il y a un décalage entre les discours officiels sur la formation et la répartition des fonds attribués aux institutions éducatives. Un examen des chiffres laisse comprendre que l?université reste bloquée à une enveloppe de Rs 240 millions tandis que le MGI est passé à Rs 230 millions. Pourtant l?université compte plus de 6 600 étudiants contre 546 au MGI. (Source : ?Participation in Tertiary Education?, publié par la TEC en juin 2006).

Une aide plus significative de l?Etat, des frais de scolarité réclamés aux étudiants et un partenariat entre le privé et les chercheurs universitaires. C?est sur tous ces tableaux qu?il faut miser pour que le système universitaire ne soit pas réduit à la faillite.

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